Le triple meurtre de BJ Liske

« Oak Harbor se trouve près du lac Erie, au nord de l’Ohio. explique, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. C’est un petit comté, seulement 40 000 habitants. »
« Le village est un lieu touristique, particulièrement pendant l’été. précise, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. C’est un endroit parfait pour la pêche. C’est vraiment une petite communauté très soudée. Halloween était un vrai jour de fête de la région. Les personnes qui habitent en campagne se rendent dans les petits villes pour y faire leur chasse aux bonbons. »
« À Halloween, beaucoup de gens se donnent à fond pour décorer leur jardin. raconte, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
Pour Sue et Bill Liske, Halloween marque le début des fêtes de fin d’année qu’ils adorent. Sue a 46 ans, son mari Bill en a 53. Et le couple est marié depuis 10 ans.
« Sue Liske est née dans une famille bien connue à Oak Harbor. témoigne, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Son père était l’un de mes enseignants quand j’étais au collège. »
« La maison où Sue a grandi n’était pas la mienne. souligne, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Alors je connaissais bien sa famille. Des gens supers, enthousiastes et sociables au sein de la communauté de Oak Harbor. »
Sue travaillait comme responsable administrative pour le Comité conjoint d’apprentissage et de formation des charpentiers du nord-ouest de l’Ohio.
« Bill Liske adorait être en plein air. détaille, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Il était chasseur. Il avait un chalet au sud de l’Ohio, dans lequel il se rendait pendant les périodes de chasse. »
« C’était un homme travailleur, très terre à terre. poursuit, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il était très sympathique, comme toute sa famille. »
Bill était un ancien combattant de l’armée de l’air à la retraite.
« Bill et Sue avaient une famille recomposée. ajoute, Ana Garcia, journaliste. Ils avaient tous les deux eu des enfants de précédentes relations. Et ils avaient trouvé le bonheur en se rencontrant. »
« Sue avait deux fils, Derek et Devon. se souvient, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. En 2010, Derek avait 23 ans, et Devon en avait 16. »
« Derek Griffin était un enfant calme et aimable. confie, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il faisait du karaté et il était très doué dans cette discipline. Devon Griffin jouait pour l’équipe de football américain des Oak Harbor Rockets. L’une de mes filles était dans sa classe. Et ils ont été diplômés ensemble. Je le voyais à des événements de natation. Il était gentil et très poli.»
«Devon vivait chez sa mère Sue et allait chez son père, Gary, les week-ends. relate, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Il vivait à Northwood, à peu près 20 minutes de chez Sue et Bill. En plus de ça, le fils que Bill avait eu d’un précédent mariage, BJ Liske, le rendait aussi visite de temps en temps, le week-end. Il y avait donc quatre personnes qui vivaient là-bas au quotidien et BJ, les week-ends. »
« BJ Liske avait 24 ans. indique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il était très proche de son père. Ils partaient souvent chasser ensemble. »
La veille d’Halloween, Bill et BJ rentrent d’une excursion de chasse. Et la famille Liske célèbre les retrouvailles dans la grange, en compagnie de leur voisin Mark Gradel.
« Bill et BJ s’étaient bien amusés la veille. explique, Dick Berry, journaliste de la chaîne WTOL 11. Ils étaient partis dans leur chalet dans le comté de Carroll pour aller chasser. »
« Bill a appelé Mark Gradel pour lui dire qu’il avait chassé un cerf et pour l’inviter à venir chez lui. précise, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Ils ont passé un bon moment ensemble. Ils semblaient tous être d’humeur joyeuse. Selon le témoignage de Mark, la soirée avait dû se terminer un peu après minuit, le matin d’Halloween. »
« C’est le matin d’Halloween, Laurie Morse, la belle-sœur de Sue, est très inquiète, car son neveu Derek devait se rendre chez elle et travailler pour son mari. raconte, Ana Garcia, journaliste. Mais il n’est jamais venu. Derek ne répond pas au téléphone, et Sue non plus. »
« Derek travaillait avec sa famille sur des chantiers de construction. témoigne, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Ce matin-là, Derek devait travailler avec son oncle. Et d’après Laurie, il n’est jamais venu. »
« Laurie a alors appelé son neveu Devon pour lui demander s’il a des nouvelles de Sue ou de Derek. souligne, Ana Garcia, journaliste. »
« Devon avait dormi chez son père la nuit précédente. détaille, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Et le lendemain matin à Halloween, il devait se rendre à un concert de chant choral à l’église. À la fin du concert, vers 11h, il était rentré chez sa mère, dans la maison des Liske. Et il était monté directement dans sa chambre pour jouer au jeu vidéo. Peu avant 13h, sa tante Laurie l’a appelé. Elle lui a dit qu’elle essayait de joindre sa mère et qu’elle n’avait pas eu de réponse. Il a été pris de panique et s’est dit qu’il valait mieux jeter un œil dans la chambre. Il a rappelé Laurie immédiatement. Il lui a dit : ‘Il y a du sang ! Je vois du sang !’ Lorsque sa tante Laurie est arrivée, Devon était pris de tremblements. Il n’arrivait pas à rester en place. Il était complètement affolé. »
Laurie appelle alors les secours et leur relaie les informations que lui donne Devon.
Extraits de l’appel aux secours
« Est-ce qu’il y a du sang, Devon ?
‒ Il y en a sur le lit ! »
Ce que Laurie découvre dans la chambre de Bill et Sue n’a rien à envier à un film d’horreur d’Halloween.
Extraits de l’appel aux secours
« Oh mon Dieu !
‒ Laurie ?
‒ Je ne comprends pas ! Il est dans le lit et il est mort ! C’est sûr qu’il est mort !
‒ D’accord. Ne touchez à rien. D’accord ? Ne touchez à rien. »
« Au moment où elle est entrée dans la chambre, elle a compris qu’ils étaient décédés. poursuit, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Elle est tout de suite ressortie. Ce jour-là, j’étais chez moi. C’était le jour d’Halloween, mais je parlais avec mes filles de leur chasse aux bonbons et ce qu’elles l’avaient prévu pour cette journée. Et mon téléphone a sonné. L’opératrice m’a informé que deux cadavres avaient été retrouvés chez quelqu’un et que ça ressemblait à un homicide. Sur le chemin, j’ai rappelé le poste, et ils m’ont dit que c’était la dernière maison du comté de Oak Harbor sur la route 2. Je savais que c’était là que se trouvait la maison de Sue Liske.»
Quelques minutes après que Laurie a appelé les urgences, la police arrive à la ferme isolée des Liske et analyse l’épouvantable scène de crime.
« Lorsque je suis arrivé, on m’a dit qu’il y avait deux adultes, un homme et une femme, dans une chambre du rez-de-chaussée. ajoute, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Les deux étaient décédés. »
« C’est une toute petite ville où les gens se connaissent bien. se souvient, Ana Garcia, journaliste. Il n’était donc pas difficile pour les policiers d’identifier les victimes eux-mêmes, tout simplement parce qu’ils les connaissaient. »
« C’était bien Bill et Sue Liske. confie, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. J’ai compris que je connaissais la famille. C’est un sentiment indescriptible de savoir que les personnes qui vont être affectées font partie de votre entourage. Lorsque nous sommes entrés dans la maison, tout semblait être à sa place. On pouvait voir qu’ils avaient fait une lessive la veille. »
« C’était une maison familiale tout à fait banale, mis à part la présence de deux cadavres. relate, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
« On est entrés dans la chambre de Bill et de Sue. indique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. On a tout de suite remarqué les blessures sur le front de Bill. »
« Bill Liske était allongé sur le côté du lit le plus proche de la porte. explique, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. On voyait clairement qu’il avait des blessures sur le crâne. Il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait de blessures par balle. »
« On s’est dirigé vers l’autre côté du lit. précise, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Sue était allongée sur le ventre. Ses jambes pendaient du bord du lit. Il y avait des traces de sang sur l’oreiller et sur la couverture. »
« Son corps avait été recouvert d’un édredon. raconte, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Elle était morte de toute évidence. Et elle avait également des blessures sur le crâne. La position de leurs cadavres ne donnait pas l’impression qu’ils avaient essayé de lutter. Ils avaient l’air de dormir paisiblement. »
« On pouvait voir qu’on avait tiré quatre ou cinq fois sur Bill et trois fois sur Sue. témoigne, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Elle avait une lésion défensive sur la main. »
« Il y avait des éclaboussures de sang sur les murs. souligne, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Les draps étaient recouverts de sang. »
« On a pu déduire que le tueur s’était tenu devant la porte, car il n’y avait aucune éclaboussure à cet endroit. détaille, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. On en a conclu que le tueur avait ouvert la porte et avait presque immédiatement ouvert le feu sur Bill. »
« Les policiers ont fouillé le reste de la maison. poursuit, Ana Garcia, journaliste. À l’étage, ils ont trouvé une pièce fermée à clé. »
« Elle se trouvait au bout d’un couloir en haut des escaliers. ajoute, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. C’était la porte d’une chambre. La scène était terrifiante. »
« J’ai reçu un appel de la salle de rédaction, et on m’a dit qu’il se passait quelque chose dans la ville de Oak Harbor. se souvient, Dick Berry, journaliste de la chaîne WTOL 11. Sur le chemin, on a vu des enfants en pleine chasse aux bonbons. Il y avait aussi des citrouilles d’Halloween. Quand on est arrivés à la ferme, la police était déjà sur place. On a compris que c’était une véritable histoire d’horreur qui avait lieu dans la vraie vie, le jour d’Halloween.»
« Le premier intervenant est monté à l’étage. confie, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. La chambre était fermée à clé. Ils ont dû forcer la porte. Et ils ont trouvé un jeune homme allongé sur son lit avec une plaie béante due à un coup violent sur son crâne. Il était mort de toute évidence. C’était probablement la scène de crime la plus bouleversante que j’ai vue de toute ma carrière. J’ai eu beaucoup de mal à encaisser la violence de cette scène. C’était bien Derek qui était étendu sur le lit. Je m’en souviens encore aujourd’hui, même si je n’ai pas réussi à regarder la scène très longtemps. »
« C’est une image qu’on ne peut pas oublier. relate, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Ce garçon était jeune. Et personne ne mérite de mourir d’une telle façon. »
« Son crâne avait été fracturé. indique, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
« Dès le début, nous avons établi que l’arme du crime était un marteau ou un objet contondant. explique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Les traces de sang montraient qu’au moins deux coups avaient été assénés. »
« Les enquêteurs ont compris que Derek était endormi lorsqu’il a été tué parce qu’il était toujours en position fœtale et qu’ils n’ont trouvé aucune lésion défensive sur les mains qui prouveraient qu’il avait essayé de se protéger de son assaillant. précise, Ana Garcia, journaliste. »
« Ce qui sortait de l’ordinaire dans cette affaire, c’est que le tueur avait utilisé deux armes différentes. raconte, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. »
« La première hypothèse était que le jeune homme dans la chambre à l’étage est mort en premier. témoigne, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Et c’est pour cela qu’on ne lui avait pas tiré dessus. Autrement, le bruit aurait réveillé les autres personnes dans la maison. »
« La police a pensé qu’au moment où Derek avait été tué, personne dans la maison n’avait entendu son meurtre. souligne, Ana Garcia, journaliste. Ensuite, le tueur serait descendu dans la chambre de Bill et Sue. »
« Sue et Bill, eux, ont été attaqués avec une arme à feu. détaille, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Sue était la seule à s’en être rendu compte, car c’était la seule qui semblait avoir bougé. C’est aussi la seule sur laquelle on a trouvé des lésions défensives, comme si elle avait levé les mains lorsqu’on lui a tiré dessus. »
« Il n’y avait pas de douille, même si on savait que neuf coups de feu avaient été tirés. poursuit, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
Puisque Bill et Sue présentent de nombreuses blessures par balle, les enquêteurs s’attendent à retrouver des douilles sur le sol. Mais le tueur avait pris soin d’effacer ses traces.
« Nous pensions que le tueur avait utilisé un revolver ou bien une arme de petit calibre, et avait pris le temps de nettoyer la scène de crime, tout du moins de ramasser des douilles. ajoute, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il avait ensuite pris une minute de plus pour recouvrir les corps. Nous savions que la seule autre chose que le tueur avait faite, c’était de refermer les portes en quittant les chambres. »
« La police ne sait pas ce qu’il s’est passé, car il n’y a aucune preuve d’entrée par effraction. se souvient, Ana Garcia, journaliste. La maison n’a pas été saccagée. Rien n’a été volé. »
Pendant que les enquêteurs continuent de fouiller la maison, les policiers vont demander aux voisins Michele et Mark Gradel s’ils n’ont pas vu quelque chose qui pourrait expliquer ce qu’il s’est passé ou qui est le responsable.
« Les enquêteurs découvrent que la voisine Michele Gradel a entendu des bruits sourds, ce qui pourrait correspondre aux coups de feu. confie, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Elle prétend les avoir entendus vers 6h30 du matin, le jour d’Halloween. »
Les lieutenants de police tente de reconstituer ce qu’il s’est passé dans la maison des Liske.
« Nous cherchions des indices qui pouvaient accuser quelqu’un, que ce soit un membre de la famille ou bien un vagabond. relate, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. C’est ce qu’on appelle parfois la théorie du croque-mitaine. Et si quelqu’un qui n’a aucun lien avec cette famille était passé par la route 2 à pied ou en voiture ? Puisque c’était Halloween, on essayait de déterminer si oui ou non il se pourrait que ce soit l’œuvre d’une secte. La maison des Liske se trouvait dans une zone très rurale et pouvait être la cible parfaite pour ce genre d’activité. »
Puisque la scène de crime donne peu d’indices quant à l’identité et le mobile de la personne qui a assassiné cette famille, les enquêteurs portent leur attention sur Devon Griffin.
« Comme dans toute enquête, on doit se renseigner sur toutes les personnes proches de l’affaire. indique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. À ce moment-là, Devon était le seul témoin. Et c’est lui qui avait découvert les corps. »
« Un des éléments les plus troublants de cette affaire, c’est que Devon jouait au jeu vidéo chez lui avec trois cadavres dans la maison. explique, Ana Garcia, journaliste. Alors les enquêteurs ont essayé de découvrir si Devon racontait la vérité. »
« Nous devions considérer Devon comme suspect. précise, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
L’après-midi du jour d’Halloween, les enquêteurs ne peuvent pas exclure la possibilité que Devon Griffin, 16 ans, soit impliqué dans les meurtres de sa mère Sue, de son beau-père Bill et de son frère
Derek.
« Devon fait partie des dernières personnes à avoir vu sa famille avant que l’on retrouve leurs cadavres. raconte, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Il est arrivé chez les Liske vers 11h15. Et les corps ont été retrouvés vers 13h30. Un laps de temps assez long pour montrer qu’il aurait pu commettre les meurtres. »
Les enquêteurs s’interrogent également sur son comportement le matin d’Halloween.
« Quand on y réfléchit, il y avait trois cadavres dans cette maison alors qu’il jouait au jeu vidéo. témoigne, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. On peut dire que c’est suspect. Pourquoi ne s’est-il pas demandé plus tôt où ils étaient ? »
« Il est 1h de l’après-midi, et il n’a pas vu un seul membre de sa famille. souligne, Ana Garcia, journaliste. Ce n’est pas un peu suspect ? »
Avant de déterminer si Devon a joué un rôle dans le meurtre de sa famille, les enquêteurs doivent étudier son emploi du temps du matin d’Halloween.
« Devon nous a dit qu’il avait passé la nuit chez son père et que le lendemain matin, le jour d’Halloween, il devait d’abord passer chez sa mère pour récupérer et mettre sa tenue de chorale. détaille, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il avait quitté la maison de son père aux alentours de 9h. Et il était arrivé chez les Liske 1h plus tard. Il a affirmé que rien ne paraissait inhabituel dans la maison et qu’il était juste monté rapidement dans sa chambre avec, avait enfilé sa tenue de chorale, puis était parti pour se rendre à l’église. »
« Son père a confirmé que Devon avait passé la nuit chez lui. poursuit, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Il se souvenait que son fils était resté éveillé jusqu’à 23h, à jouer au jeu vidéo, et qu’il était parti le lendemain matin pour se rendre à l’église de Oak Harbor. Il chantait dans la chorale. Plusieurs personnes se souvenaient de l’avoir vu à l’église. Ça confirmait la présence de Devon à l’église pendant l’office, comme il l’avait lui-même affirmé. »
« Le concert a commencé vers 10h30 et s’est terminé à 11h. ajoute, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il est rentré chez lui et il est directement monté pour jouer aux jeux vidéo. »
« Michele Gradel, la voisine, avait entendu des coups de feu aux alentours de 6h30. se souvient, Ana Garcia, journaliste. Et les autorités ont confirmé que Devon n’était pas dans la maison à cette heure-ci. Les enquêteurs avaient constaté que Devon était très bouleversé et affolé après avoir retrouvé sa famille assassinée. Ils étaient convaincus que les émotions que Devon avait exprimées étaient sincères. Alors les enquêteurs ont fini par l’innocenter. »
Devon raconte sa matinée plus en détail aux enquêteurs, ainsi que le moment où il a découvert les cadavres.
« Je suis allé à l’église car on y donnait un concert. confie, Devon Griffin. Après ça, je suis rentré chez moi. Je suis monté à l’étage. J’ai joué au jeu vidéo. J’ai joué assez longtemps avant de me rendre compte qu’on était au milieu de la journée et que la maison était très calme. C’est là que ma tante m’a appelé. Elle m’a dit que Derek était censé venir les aider ce jour-là et qu’il n’était pas venu. C’est à ce moment-là que je suis descendu. Je voulais voir où ils étaient tous passés. Ma mère était introuvable. Quand j’ai ouvert la porte de leur chambre, ils dormaient tous les deux dans leur lit. C’était bizarre parce qu’ils sont tous les deux des lève-tôt. Ils n’aiment pas rester au lit. Je me suis approché. J’ai essayé de réveiller ma mère, mais elle ne bougeait pas du tout. Quand j’ai soulevé les couvertures, j’ai vu que ses yeux étaient tuméfiés. Elle était raide comme un piquet. La première chose que j’ai faite quand j’ai compris qu’ils ne bougeaient pas, c’est envisager tous les scénarios possibles dans ma tête. J’ai même pensé aux scénarios les plus improbables. Je me suis dit que c’était Halloween et que c’était peut-être lié. Je pense que c’était une dernière tentative désespérée de me convaincre que ce n’était pas réel. Mais j’avais compris ce qui s’était vraiment passé. Et c’est là que je suis sorti en courant. J’ai appelé ma tante. j’étais complètement hystérique. Je lui ai dit qu’elle devait vite appeler les secours parce qu’il s’était passé quelque chose. »
Sur la scène de crime, les enquêteurs doivent encore s’atteler à une tâche considérable. Ils ne doivent pas seulement fouiller la maison des Liske, mais aussi l’énorme propriété qui l’entoure.
« La propriété des Liske est immense. relate, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Elle fait plus de 40ha. Il y a un étang de 6 000m2 dans le jardin, une grande grange et quelques cabanes de chasse au fond de la propriété. »
« Chaque endroit qu’il fallait fouiller a été passé au peigne fin. indique, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
Le lieutenant Byington finit par trouver un indice intéressant près de l’étang, derrière la maison des Liske.
« Il y avait un ponton au bord de cet étang sur lequel nous avons trouvé une empreinte de semelle boueuse. explique, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
« La position de cette empreinte sur le ponton montrait que quelqu’un s’était avancé, puis avait fait demi-tour. précise, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il était donc possible qu’il s’agisse de l’empreinte du tueur qui serait allé jusqu’au bout du ponton pour y jeter une arme dans l’étang, puis serait revenu sur ses pas pour descendre du ponton. »
« Alors nous avons asséché l’étang. raconte, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
« Assécher l’étang était un travail colossal, car il s’étendait sur plus de 6 000 m2. témoigne, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Une fois que l’étang a été vidé, nous nous sommes rendus sur place avec une grande équipe de recherche. »
« Ils ont retourné le fond boueux et crasseux de l’étang à la recherche d’une arme à feu ou bien d’autres preuves comme des vêtements, des chaussures ou n’importe quoi d’autre. souligne, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Nous n’avons rien trouvé. »
Au fur et à mesure de leur discussion avec Devon, les enquêteurs apprennent qu’une autre personne était chez les Liske ce matin-là.
« Le dimanche matin, je me suis levé tôt et je suis rentré chez ma mère pour récupérer mes affaires de la chorale. détaille, Devon Griffin. En sortant de la maison, j’ai croisé BJ. Il m’a demandé ce que je faisais ici puisque j’étais censé passer le week-end chez mon père. Je lui ai répondu que je devais aller au concert de ma chorale. Il a dit d’accord. »
« Devon nous a dit que BJ se trouvait près de la Ford F-150 de son père. poursuit, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il semblait charger ou décharger quelque chose du pick-up. Mais selon lui, cela n’avait rien d’inhabituel. »
« Devon a dit aux enquêteurs qu’en revenant chez lui, BJ et le pick-up n’étaient plus là. ajoute, Ana Garcia, journaliste. »
« BJ était un témoin crucial, car il se trouvait dans la maison toute la nuit. se souvient, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Donc il pouvait être l’une des dernières personnes à les avoir vus en vie. On s’est donc mis à sa recherche. »
« On ne savait pas si c’était un témoin, un suspect ou une potentielle victime. confie, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Mais on savait qu’il était à la maison plus tôt dans la journée. »
« Tout ce que les enquêteurs savaient, c’est qu’ils devaient retrouver BJ. relate, Ana Garcia, journaliste. »
« On savait que BJ avait disparu et son pick-up aussi. indique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Alors on s’est concentré sur les lieux où il pouvait être. On a trouvé le numéro de BJ, mais son téléphone était éteint. Donc on n’a pas réussi à le localiser. »
« Quand les policiers se sont rendus compte que le téléphone de BJ était éteint et qu’ils ne pouvaient pas le joindre, ils ont commencé à s’inquiéter. explique, Ana Garcia, journaliste. »
« La mère de BJ et sa tante Susan vivaient à Oregon, dans l’Ohio, à environ 15 minutes de la maison des Liske. précise, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Nous avions déjà des agents qui fouillaient cette zone à la recherche du véhicule et de BJ, mais ils ne trouvaient rien. Nous avons alors reçu l’information que la famille était propriétaire d’un chalet dans le comté de Carroll. C’était à plus de 2h de route. BJ adorait aller là-bas. Son père et lui y étaient allés pour chasser la veille. Il était fort probable qu’il soit retourné dans le chalet. Alors nous avons envoyé l’avis de recherche pour BJ Liske à tous les postes de police sur le trajet. »
En parlant avec les voisins, les enquêteurs comprennent que les relations de cette famille recomposée étaient plus complexes qu’elles n’y paraissaient. Les Gradel leur révèlent que des tensions entre BJ et Sue avait émergé 10 ans auparavant, lorsqu’elle était venue emménager avec ses fils.
« D’après ce qu’on savait, leur mariage ne plaisait pas beaucoup à BJ. raconte, Dick Berry, journaliste de la chaîne WTOL 11. »
« Étant donné que Bill avait l’habitude de partir très tôt pour aller travailler, BJ avait la maison pour lui tout seul. témoigne, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Et puis, Sue est arrivée, et la dynamique a changé. Sue était très gentille, mais elle voulait tout de même établir des règles dans la maison. Elle l’obligeait à aller à l’école. On m’a dit que c’est là que tout a commencé. Au fil du temps, la haine de BJ a pris de l’ampleur. »
Les enquêteurs consultent le casier judiciaire de BJ Liske à la recherche d’une piste et découvrent que plusieurs incidents violents ont été relatés au sein du foyer. En décembre 2004, BJ a été inculpé devant le tribunal municipal de l’Oregon pour agression et vol qualifiés à la suite d’un incident au cours duquel il aurait frappé sa belle-mère avec une tasse à café puis lui aurait pris ses clés de voiture. Sue a été contrainte de porter plainte pour agression avec circonstances aggravantes. BJ a plaidé la non-responsabilité pour cause de troubles mentaux, mais l’accusation a par la suite abandonné les poursuites.
« BJ et Sue avaient eu des altercations. souligne, Dick Berry, journaliste de la chaîne WTOL 11. Sue s’était fait agresser à plusieurs reprises. Il l’avait bousculé. Dans l’ensemble, ils ne s’entendaient pas très bien. »
« On décrivait BJ comme un jeune homme perturbé. détaille, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Son père avait parfois du mal à le contrôler. Mark Gradel a raconté que parfois il l’appelait pour qu’il vienne chez eux, car BJ perdait le contrôle, devenait violent et agressif. Mark se rendait chez eux, car il semblait avoir la capacité de calmer BJ. Il était évident qu’il présentait des signes de troubles mentaux. »
Des témoignages d’amis et de membres de la famille indiquent qu’il était encore plus imprévisible quand il buvait.
« Quand il buvait, il devenait agressif, violent et entrait dans la confrontation. poursuit, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
« Il était perturbé. ajoute, Devon Griffin. Et s’il commençait à boire une bière, ça ne faisait qu’empirer les choses. »
Mais l’information la plus choquante à propos de BJ est donnée par la belle-sœur de Sue, Laurie, qui déclare que le passé violent et le comportement perturbé de BJ remontent à son adolescence.
« Laurie Morse nous a raconté qu’un jour BJ avait agressé Sue alors qu’elle était sous la douche, 6 ans avant les faits. se souvient, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
« BJ présentait de sérieux troubles du comportement. confie, Ana Garcia, journaliste. Ils ont été obligés de le mettre à la porte. »
« Après cet incident, BJ est allé dans un foyer d’hébergement à Sandusky. relate, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
« Il n’avait plus le droit de vivre chez eux, mais il pouvait leur rendre visite de temps en temps. indique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. »
« Son père le ramenait en voiture à Sandusky tous les dimanches. explique, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
Les enquêteurs forment l’hypothèse selon laquelle BJ aurait accumulé beaucoup de rancœur 6 ans après avoir été viré de la maison. Ces émotions ont refait surface lorsque son beau-frère Derek s’était attiré des ennuis avec la justice quelques mois plus tôt.
« BJ était contrarié. précise, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Pourquoi ils ne mettaient pas Derek à la porte, puisque c’est ce qu’ils avaient fait avec lui ? Plus tôt cet été-là, cela avait entraîné une dispute familiale. C’est l’une des seules fois où il était très énervé contre Bill. »
En dépit de ce conflit, Mark Gradel, le voisin, affirme que l’ambiance était joyeuse la veille d’Halloween. Ce samedi-là, Bill et BJ Liske sont rentrés de chasse. Plus tard dans la soirée, la famille organise la fête d’Halloween chez eux avec Mark, qui s’est terminée vers minuit. Comme BJ avait beaucoup bu, Bill et Sue décident de faire une exception et de laisser BJ passer la nuit sur le canapé, plutôt que de le ramener à Sandusky après les festivités. La police décide d’interroger Devon sur son interaction avec BJ ce matin-là afin de comprendre dans quel état d’esprit il se trouvait.
« Devon leur a dit que BJ s’était approché de lui et lui avait demandé ce qu’il faisait là et combien de temps il allait rester. raconte, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. BJ n’avait jamais vraiment parlé à Devon. C’est comme s’ils s’évitaient l’un l’autre. Mais ce jour-là, BJ s’était intéressé à ce que Devon faisait. »
« BJ n’était pas à l’aise avec les gens. témoigne, Devon Griffin. On ne se parlait pas beaucoup. »
« Devon a déclaré que BJ était anormalement bavard. souligne, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. D’habitude, il ne parlait pas beaucoup. Devon trouvait que ça sortait de son habitude. »
Étant donné que BJ avait un passé violent et qu’il était dans la maison à l’heure où les crimes ont été commis, les enquêteurs le recherchent, lui et son pick-up, de toute urgence.
« Toutes les preuves accablaient BJ. détaille, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Tout d’abord, il avait disparu, et son pick-up était introuvable. Dans le meilleur des cas, c’était un témoin important pour l’enquête, étant donné qu’il était présent dans la maison pendant toute la nuit. Il était donc là quand les meurtres ont eu lieu, ou bien il était parti peu avant qu’ils soient commis. Ainsi, il était l’une des dernières personnes à avoir vu les victimes en vie. »
« La police avait appris que BJ avait un passé violent. poursuit, Ana Garcia, journaliste. Il pouvait être armé et dangereux. Il fallait le retrouver au plus vite. »
« J’ai contacté la police du comté de Carroll pour leur demander de se rendre au chalet de chasse pour vérifier si le pick-up blanc ou BJ étaient là-bas. ajoute, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
« J’étais dans le bureau du shérif. se souvient, Mike Balash, shérif adjoint dans le comté de Carroll. Et un policier d’une autre juridiction est venu me demander si j’avais entendu parler de la personne qu’il recherchait pour meurtre. Apparemment, il était question d’une Ford F-150 blanche, conduite par un homme suspecté de meurtre venant du comté d’Ottawa. Et il nous avait demandé de les aider en recherchant BJ Liske et son pick-up. Il était peut-être armé et dangereux. Je roulais tranquillement. Et en regardant sur ma gauche, j’ai vu un pick-up blanc qui correspondait à la description transmise par le comté d’Ottawa. Alors j’ai remonté l’allée avec ma voiture de fonction et je pouvais voir le pick-up. J’ai réussi à confirmer qu’il était immatriculé dans le comté d’Ottawa. Je savais que des renforts étaient à proximité. J’ai donc pris ma radio et j’ai signalé que j’avais trouvé un pick-up qui correspondait à la description, garé devant ce chalet. Peu de temps après, j’ai vu quelqu’un sortir du chalet. Quand je l’ai vu, je me suis dit que c’était forcément lui qu’on cherchait. Donc je suis rapidement sorti de mon véhicule. J’ai sorti mon arme. J’ai ordonné à BJ de se mettre à terre. Et je l’ai immobilisé jusqu’à ce que les autres policiers en renfort me rejoignent. Il avait une attitude très calme. Je lui ai annoncé ses droits. Et on a commencé par lui demander depuis combien de temps il était là. Il a répondu très calmement qu’il était arrivé 3h avant. On voulait lui poser d’autres questions, mais BJ avait décidé de ne plus nous parler. Notre entretien avec lui s’est terminé là-dessus. »
La police remarque alors un détail important quant à l’apparence de BJ.
« Les policiers aperçoivent des tâches rouges et brunes sur ses chaussures. confie, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il était possible qu’il s’agisse de tâches de sang. »
« Il y avait des traces de sang sur l’une de ses chaussettes. relate, Mike Balash, shérif adjoint dans le comté de Carroll. »
Pendant que la police place BJ en garde à vue, les enquêteurs commencent à fouiller le chalet ainsi que le terrain qui l’entoure.
« On voulait s’assurer qu’il n’y avait pas d’autres victimes et une personne en danger. indique, Mike Balash, shérif adjoint dans le comté de Carroll. »
« Nous étions à la recherche de n’importe quel objet contondant. explique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. À ce moment-là, nous pensions qu’il s’agissait d’un marteau. Nous cherchions aussi une arme de petit calibre. »
Mais c’est dans le pick-up de Bill qu’ils trouvent les preuves les plus accablantes.
« Il y avait du sang sur le pick-up. précise, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. On en a retrouvé à l’extérieur et à l’intérieur. »
« En examinant le véhicule, ils ont retrouvé une carabine de calibre 22 dans le coffre du pick-up. raconte, Mike Balash, shérif adjoint dans le comté de Carroll. Elle appartenait à Bill Liske, le père. »
La carabine de calibre 22 correspond aux blessures par balle présentes sur le corps de Bill et Sue Liske. De retour dans la maison de Oak Harbor, les enquêteurs font une nouvelle découverte.
« Lors des nos recherches de la maison de Oak Harbor, nous avons trouvé un coffre fort à l’arrière du salon. témoigne, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Il était encastré dans le placard sur le mur du fond. Nous l’avons tiré, et un marteau est tombé par terre. Et ce marteau… était couvert de sang. On était tous stupéfaits. »
« C’était manifestement l’arme qui avait servi à tuer Derek. souligne, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. »
Puisque les deux armes du crime ont désormais été retrouvées, La police
place BJ Liske en garde à vue et l’inculpe de six chefs d’accusation de meurtre avec circonstances aggravantes. Il plaide non coupable. Mais le lendemain, un événement impliquant la sœur de 52 ans de Bill Liske bouleverse l’enquête.
« Ma tante Susie adorait BJ. détaille, Devon Griffin. Elle le considérait comme son fils autant que Bill. Elle avait toujours été là pour lui. Ils partageaient de nombreux points communs. »
« Le lendemain des meurtres, Susan, la sœur de Bill, est décédée dans un incendie. poursuit, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Elle vivait à Oregon dans l’Ohio, à environ 15 minutes de chez Bill Liske. »
« J’ai appris que ma tante était morte dans l’explosion de son garage. ajoute, Devon Griffin. »
« Ils pensaient avoir résolu ce triple homicide. se souvient, Ana Garcia, journaliste. Et tout à coup, la tante de BJ, Susie, est retrouvée morte après un incendie domestique. La police ne savait plus quoi penser. »
« C’était complètement hallucinant. confie, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Un terrible drame familial venait d’avoir lieu, et il s’étendait maintenant à un autre membre de la famille. On a pris un moment pour se demander s’il se pouvait qu’il s’agit d’un autre meurtre et si BJ avait pu le commettre. »
Les autorités viennent à la conclusion que la tante de BJ est décédée dans l’incendie le lendemain d’Halloween, alors que BJ avait déjà été arrêté.
« BJ était en garde à vue lorsque sa tante Susan Dunmayer est morte, ce qui veut dire qu’il ne pouvait pas être le coupable. relate, Ana Garcia, journaliste. »
« Si BJ n’avait rien à avoir avec ce meurtre, avions-nous arrêté la bonne personne ? indique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. »
« L’analyse de la scène de crime chez la tante a été faite par un autre organisme. explique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. La cause de l’incendie n’avait pas été déterminée, et cela nous préoccupait. »
Les enquêteurs qui cherchent à savoir si une autre personne aurait pu tuer la tante Susan comprennent rapidement qu’elle n’a pas été victime d’un meurtre.
« Il s’agissait d’un incendie accidentel. précise, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Le feu s’est déclenché dans le garage à cause d’un mégot de cigarette mal éteint. Rien n’indiquait qu’une autre personne aurait pu en être responsable. »
« Je pense que les meurtres dans ma famille ont beaucoup affecté ma tante Susie. raconte, Devon Griffin. De ce que j’ai compris, le gaz était allumé lorsqu’elle est sortie pour fumer une cigarette. Je ne sais pas si elle a oublié de l’éteindre ou si elle était juste complètement dévastée. Je pense que si ça s’était passé n’importe quel autre jour, rien de cela ne serait arrivé. »
Devon doit de nouveau faire face au deuil. Alors que les procureurs et les lieutenants de police montent un dossier contre BJ Liske pour le triple homicide des membres de sa famille, la vérité éclate au grand jour.
« Toutes les preuves accablaient BJ. témoigne, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. »
« Les traces de sang retrouvées sur les vêtements de BJ indiquaient clairement qu’il avait été en contact avec les corps. souligne, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Des analyses ADN ont plus tard confirmé cette hypothèse. On a retrouvé des traces de l’ADN de son père, de son frère et de sa belle-mère sur son manteau. Mais c’est pendant les appels passés à sa mère depuis la prison qu’il a réellement fait ses aveux. À un moment donné, pendant l’appel, sa mère lui a lu un article de journal sur le triple homicide. »
« Il ne comprenait pas comment il avait pu faire une chose pareille et il a répondu qu’il n’était pas dans un état normal. détaille, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. A un moment, il a dit : ‘Maman, on ne peut plus parler de ça.’ Après ce dernier appel téléphonique avec sa mère, il a plaidé coupable. »
« Selon moi, le jour d’Halloween, je pense que BJ avait bu pas mal de bière et qu’il était devenu violent et agressif. poursuit, Mark Mulligan, procureur du comté d’Ottawa. Il était plein de ressentiments et ne voulait pas retourner au foyer d’hébergement le lendemain. Il préférait vivre avec son père. Sa santé mentale instable a également été un facteur qui l’a poussé à tuer son beau-frère, sa belle-mère et son père. BJ a commis ses meurtres vers 6h30 du matin au moment où Michele Gradel a entendu les coups de feu. BJ a d’abord tué Derek avec le marteau que nous avons plus tard trouvé sous le coffre-fort. Il a verrouillé la chambre de Derek. »
« Ensuite, BJ est descendu dans la chambre de Bill et Sue, et les a abattus. ajoute, Ana Garcia, journaliste. La police pense que BJ a nettoyé la scène de crime. Il a ramassé les douilles, a pris le marteau pour le cacher sous le coffre-fort. Et il mettait la carabine dans le pick-up lorsque son beau-frère Devon est rentré à la maison. »
« Devon est rentré, et il lui a dit qu’il revenait juste après le concert de chant. se souvient, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. Et cela a peut-être poussé BJ à partir. L’empreinte trouvée sur le ponton correspondait aux chaussures de BJ Liske. Donc, à un moment, lors de cette journée sordide, il se trouvait à côté de l’étang. C’était peut-être sa façon de dire au revoir à la ferme et à la propriété. »
BJ Liske a d’abord été examiné au Centre de diagnostic et de traitement du tribunal de Toledo, puis, à la demande de ses avocats, au centre de soins comportementaux Twin Valley de Columbus. Se fondant sur ces rapports, le juge Bruce Winters, du tribunal de première instance du comté d’Ottawa, a statué que BJ était apte à subir son procès. Ses avocats ont tout de même plaidé, sans succès, la non-responsabilité pénale pour cause de troubles mentaux.
Lors d’une audience préliminaire le 12 août 2011, BJ a plaidé coupable de trois chefs d’accusation de meurtre avec circonstances aggravantes en échange de l’abandon de la peine de mort.
« Il a écopé de trois fois l’emprisonnement à perpétuité pour les meurtres de Bill Liske, Susan Liske et Derek Griffin. confie, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. BJ restera en prison à vie sans libération conditionnelle. »
Avant le prononcé de sa peine, BJ Liske a présenté ses excuses pour le meurtre de sa famille et a imputé ses actes à Satan et à sa maladie mentale.
« Il a exprimé des remords lors de son procès. relate, Dick Berry, journaliste de la chaîne WTOL 11. Il a montré qu’il était désolé d’avoir agi ainsi et qu’il s’en voulait d’avoir autant fait souffrir les membres de sa famille. »
Le 31 mars 2015, BJ Liske a été retrouvé mort à 23h25 dans sa cellule de l’établissement correctionnel de Ross à Chillicothe, dans l’Ohio, des suites d’une blessure qu’il s’était infligée.
« J’ai appris cinq ans plus tard que BJ s’était suicidé alors qu’il était en prison. indique, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. »
« BJ n’était pas un monstre. explique, Devon Griffin. On avait fait de notre mieux pour l’aider, mais on ne le comprenait peut-être pas suffisamment pour lui apporter l’aide dont il avait vraiment besoin. »
Devon a reconstruit sa vie après avoir vécu cette impensable tragédie.
« Le mariage de Devon a eu lieu à la ferme, sur la propriété des Liske. précise, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. »
« C’est l’endroit où j’ai grandi. raconte, Devon Griffin. C’est là-bas que je jouais, là-bas que j’ai vécu toute ma vie. Je ne peux pas avoir seulement des souvenirs douloureux à l’endroit où j’ai vécu. »
« Devon m’a expliqué qu’il avait de si bons souvenirs dans cette maison qu’il ne laisserait pas ce jour funeste tout ruiner. témoigne, George Byington, bureau du shérif du comté d’Ottawa. J’ai trouvé ça remarquable. »
« On n’a appelé mon fils Derek en hommage à mon frère. souligne, Devon Griffin. Je suis sûr que ça aurait rendu ma mère très heureuse. Elle aurait tout fait pour pouvoir le rencontrer. Sa plus grande fierté, c’était sa famille. »
Devon s’est depuis engagé dans la sensibilisation aux problèmes de santé mentale.
« Lorsqu’une tragédie a lieu pendant les périodes de fête, ce jour devient une date anniversaire tragique pour les survivants. détaille, Ana Garcia, journaliste. Dans le cas de Devon, il essaie tant bien que mal de transmettre la joie d’Halloween à son fils, mais il est certain qu’au fond de lui, cette date représentera toujours un rappel de ce qui s’est passé dans la maison ce jour-là. »

@ker_gauthier