Nous sommes le 30 octobre 2017. C’est une matinée paisible dans le comté de Jackson, dans l’Illinois, quand soudain, le bureau du shérif reçoit un appel affolé de Carmen Stonemark, l’épouse d’un certain Frank Stonemark, âgé de 76 ans.
Tara Jones raconte : « La police a reçu un appel d’urgence de Carmen Stonemark. Cette dernière était sans nouvelles de son mari depuis la veille. »
Frank est un homme connu dans le secteur.
Patrick Horstmann explique : « C’était un homme d’affaires qui possédait plusieurs propriétés qu’il louait dans le comté de Jackson. Tous les habitants du coin le connaissaient. »
La veille au soir, Frank et Carmen se sont disputés à propos d’argent.
Cathy Stonemark rapporte : « D’après elle, ils s’étaient disputés à propos d’une histoire d’argent. Et mon père était ensuite parti en claquant la porte. »
Pour Patrick Horstmann, ce comportement n’est pourtant pas inhabituel : « Elle a expliqué qu’il n’était pas rare que Frank quitte le domicile après une dispute. Mais cette fois-là, il n’était pas revenu. »
Carmen confie à la police que Frank est parti à bord de son mini-van rouge aux alentours de 18 heures la veille et qu’elle n’a pas réussi à le joindre depuis.
La disparition inquiète particulièrement ses proches en raison de son état de santé.
Tara Jones précise : « Elle s’inquiétait à propos de son état de santé. Il prenait de nombreux traitements et n’avait pas ses médicaments sur lui. Elle avait peur qu’il ne soit atteint d’Alzheimer. La police a pris la situation au sérieux et a immédiatement émis un avis de recherche pour Frank. »
Les enquêteurs commencent par tenter de localiser son téléphone.
Patrick Horstmann explique : « Quand quelqu’un avec une santé fragile disparaît, en général, on fait en sorte de localiser le portable de cette personne pour tenter de savoir où elle pourrait être. On a alors découvert que le téléphone de Frank avait été utilisé pour la dernière fois dans la soirée du 29 octobre et qu’il se trouvait à proximité de son domicile. On a également appris que le couple était propriétaire de plusieurs logements. Et Carmen nous a alors donné accès à ces résidences. »
Les enquêteurs contactent également les hôpitaux de la région.
Tara Jones rapporte : « Ils ont contacté les hôpitaux de la région, mais aucun profil ne correspondait à celui de Frank. »
Pour le moment, la police doit donc se contenter d’attendre que Frank et son véhicule réapparaissent. Mais les enquêteurs ne tardent pas à découvrir que cette disparition cache bien des secrets.
Frank Stonemark naît dans la banlieue de Chicago en 1941.
Sa fille Cathy raconte : « Il a été élevé par sa mère et son beau-père. Ma grand-mère était serveuse. Elle n’a pas fait d’études. Mon père aspirait à une vie meilleure. Il savait que l’université était le seul moyen pour lui de réussir. »
En 1963, Frank rencontre sa première femme, Elaine Sandino.
Elaine se souvient : « J’ai rencontré Frank quand il étudiait à l’université de Lewis College. »
À cette époque, tous deux partagent les mêmes ambitions.
Tara Jones explique : « C’étaient des travailleurs acharnés. Et ils voulaient bâtir quelque chose de durable. »
Elaine raconte le début de leur relation : « Quand on a décidé de se marier, on a commencé à chercher des alliances. Il m’a dit : ‘Choisis en une. Et quand j’aurai les moyens, je te l’offrirai.’ Et puis, le jour de la Saint-Valentin en 1964, il m’a offert une boîte de chocolats alors qu’on passait la soirée chez lui. Je l’ai ouverte, et elle contenait ma bague de fiançailles. »
Après leur mariage, le couple s’installe à Carbondale, dans l’Illinois.
Elaine précise : « Il venait d’obtenir son diplôme et il s’était inscrit à la Southern Illinois University pour poursuivre ses études. »
Frank y poursuit son parcours universitaire.
Cathy explique : « Mon père a étudié dans cette université. Et c’est là qu’il a obtenu son doctorat de chimie. »
Pendant ses études, Frank commence également à développer plusieurs activités professionnelles.
Elaine raconte : « Pendant ses trois ou quatre années de doctorat, j’ai lancé plusieurs affaires. Et on est finalement restés à Carbondale. »
La famille s’installe durablement dans cette ville.
Susan Stuzman décrit Carbondale : « C’était une ville étudiante. Il y avait une atmosphère conviviale. »
James Stonemark ajoute : « C’est un endroit magnifique. Il y a beaucoup de lacs, de forêts, d’endroits où camper. C’était agréable d’y grandir ici. »
Au cours des trente années suivantes, Frank et Elaine élèvent leurs trois enfants et développent une entreprise de location à Carbondale.
Dans les années 1980, le secteur immobilier connaît une période difficile.
Jeff Woodruff explique : « Le secteur immobilier était en crise à Carbondale dans les années 80. Les gens avaient besoin de trouver rapidement un logement. Et Frank et Elaine étaient là pour ça. »
L’entreprise fonctionne alors comme une véritable affaire de famille.
Elaine raconte : « C’était une affaire de famille. Pendant des années, on n’avait aucun employé. Frank s’occupait des réparations, et moi du ménage. Et je fabriquais des rideaux pour les fenêtres. »
James précise : « Ils procédaient par étapes. Ils repéraient des logements, les achetaient et les ajoutaient ensuite à leur entreprise de location. »
Susan se souvient : « Ils voulaient mener une vie confortable et pouvoir subvenir à nos besoins. Mon père était un véritable bourreau de travail. »
Elaine ajoute : « Il n’arrêtait pas du matin au soir. Il travaillait dur pour pouvoir mieux profiter de la vie. »
Frank est exigeant, mais ses proches le décrivent aussi comme un homme attaché à sa famille.
James explique : « Il était exigeant. Il savait ce qu’il voulait. Mais c’était malgré tout quelqu’un d’adorable. Après le travail, il prenait toujours le temps de se changer les idées, de sortir et de profiter de sa famille. »
Au début des années 1980, Frank et Elaine semblent avoir tout pour être heureux.
Jeff Woodruff raconte : « Au début des années 80, Frank et Elaine semblaient tout avoir pour être heureux. Ils formaient le couple parfait. Ils partageaient les mêmes ambitions et les mêmes centres d’intérêt. »
Puis, après plus de trente ans de mariage, tout bascule.
Elaine découvre que Frank entretient une liaison avec une locataire nommée Carmen Noland.
Tara Jones précise : « Carmen Noland avait quitté la Roumanie pour s’installer aux États-Unis. »
Elaine raconte : « J’ai loué un logement à Carmen Noland trois ans avant mon divorce. C’était une locataire ordinaire, une mère célibataire avec trois enfants. Je la voyais tous les mois pour récupérer le loyer. Elle a tout fait pour détruire notre mariage. »
Pour Jeff Woodruff, Carmen est beaucoup plus jeune que Frank : « C’était une jeune femme. Je pense que Frank était flatté qu’elle s’intéresse à lui. »
Elaine précise : « Carmen avait 22 ans de moins que Frank. Elle avait seulement quatre ans de plus que notre fils. »
Frank et Carmen finissent par entamer une relation sérieuse.
Tara Jones explique : « Ils ont ensuite commencé une relation sérieuse. »
Pour Cathy, cette nouvelle situation représente un bouleversement familial.
Elle raconte : « J’ai essayé de me faire à l’idée. J’étais adulte, et les parents se séparent parfois. C’était un nouveau départ. Et je me suis dit : ‘Voyons où ça nous mène.’ »
Frank et Carmen se marient finalement en 2010. Ils continuent de gérer ensemble l’entreprise familiale.
Jeff Woodruff explique : « Frank a gardé la même organisation qu’à l’époque où il travaillait avec Elaine. Il s’occupait des réparations et de l’entretien des résidences, et Carmen de son côté récupérait les loyers. »
En 2017, Frank est impatient de prendre sa retraite.
Mais le 30 octobre, il a disparu.
Et une question commence à se poser : comment expliquer cette disparition soudaine ?
Tara Jones rapporte : « Les enfants de Frank étaient persuadés qu’il ne serait jamais parti sans les prévenir. »
Susan Stuzman résume le sentiment de la famille : « On sentait que quelque chose clochait. »
Pourtant, les proches de Frank ne sont sans nouvelles de lui que depuis 24 heures. Pour la police, il est encore possible qu’il ait simplement décidé de partir.
Patrick Horstmann rappelle : « Un adulte a tout à fait le droit de quitter son domicile et de s’absenter pendant un moment. »
Mais les semaines passent et Frank reste introuvable.
Carmen finit par évoquer l’hypothèse d’un départ à l’étranger.
Le 3 novembre, elle contacte de nouveau la police.
Tara Jones raconte : « Le 3 novembre, Carmen a contacté une nouvelle fois la police. Elle leur a expliqué que le passeport de Frank avait disparu et que son compte en banque avait été vidé. »
Carmen énumère alors les différents endroits où son mari aurait pu se rendre.
Cathy rapporte : « Elle a énuméré tous les endroits où mon père avait pu se rendre. Il était peut-être en République Dominicaine parce qu’on avait une maison de vacances là-bas. »
Cette maison est un lieu que la famille connaît bien.
Elaine explique : « On avait l’habitude d’y passer les vacances avec nos enfants, nos amis et nos collègues. On était accompagnés par plusieurs agents immobiliers de la région de Carbondale. »
Mais Cathy ne croit pas un instant que son père soit parti là-bas.
Elle précise : « Je savais que mon père n’y était pas retourné. Il avait tourné la page sur ce chapitre de sa vie. Il n’était pas là-bas. »
Susan ajoute : « Il était impossible qu’il se soit rendu là-bas, vu son état de santé. »
La police vérifie alors les registres de voyage.
Tara Jones rapporte : « La police a consulté les registres de la douane. Il n’avait acheté aucun billet d’avion. Il n’avait pas quitté le pays. »
Si Frank n’est pas parti en voyage, pourquoi son passeport a-t-il disparu ? Et pourquoi son compte bancaire a-t-il été vidé ?
Une autre hypothèse apparaît.
Patrick Horstmann explique : « Il était également possible que Frank cherche en réalité à se venger de Carmen. Cette dernière était retournée en Roumanie, son pays d’origine, peu de temps auparavant. Elle s’était absentée pendant un mois, et Frank lui en voulait pour ça. Apparemment, il lui aurait demandé au cours d’une conversation ce qu’elle ressentirait s’il disparaissait pendant un mois et qu’il la laissait seule chez eux. »
Pendant ce temps, la famille continue d’espérer.
Susan raconte : « J’ai laissé plusieurs messages vocaux à mon père pour lui demander de me rappeler et lui dire qu’on était inquiets. Je me raccrochais à l’espoir qu’il finirait par réapparaître. Je scrutais tous les vans rouges immatriculés dans l’Illinois. »
Les enquêteurs commencent alors à s’intéresser davantage à l’entreprise de Frank.
Ils interrogent notamment James Deese, l’un de ses employés les plus fidèles. Celui-ci affirme avoir vu Frank pour la dernière fois le 29 octobre, la veille de sa disparition.
Tara Jones rapporte : « Il avait besoin d’emprunter son van. Quand il est arrivé, il a vu que Frank semblait contrarié. Il a pris son véhicule. Et lorsqu’il le lui a ramené, Frank n’a pas dit un mot. Il est monté dans le van et il est parti. »
James explique que cette attitude ne l’a pas particulièrement alerté. Il n’était pas rare que Frank et Carmen se disputent.
Jeff Woodruff confirme : « Après le mariage, leur relation a commencé à se détériorer. Il n’arrivait pas à faire de compromis. »
Patrick Horstmann ajoute : « Frank et Carmen s’étaient disputés de nombreuses fois à propos de l’entreprise, mais aussi parce que Carmen avait tendance à faire passer ses enfants avant tout le reste. Frank était énervé parce qu’il passait plus de temps à travailler sur la maison de son fils que sur celle de l’entreprise. »
Mais les enquêteurs découvrent bientôt que les problèmes du couple ne se limitent pas à leurs disputes.
Jeff Woodruff révèle : « Frank lui avait confié qu’il rencontrait des difficultés financières. »
Frank vient même lui demander de l’aide.
Jeff raconte : « Frank est venu au cabinet et m’a demandé de l’aide pour le règlement des taxes foncières. Il voulait souscrire à un prêt d’un montant peu élevé. Alors je lui ai tout de suite accordé. Mais les choses ont dégénéré deux ou trois jours plus tard, quand il est revenu avec Carmen pour demander un nouveau prêt bien plus conséquent. »
La police remarque également que Frank s’est montré particulièrement silencieux lors de ce rendez-vous et qu’il semblait s’être blessé.
Jeff explique : « Il avait l’air épuisé, presque léthargique. Il n’était pas dans son état normal. Quand j’ai questionné sa femme à propos des tâches de sang et de terre sous sa manche, elle m’a expliqué qu’il était tout simplement tombé de la tondeuse à gazon et qu’il n’avait pas eu le temps de se changer avant de venir. Pourtant, j’ai senti que quelque chose clochait. »
Pour Susan, le fait que son père demande de l’aide financière est révélateur de la situation dans laquelle il se trouve.
Elle explique : « Mon père était quelqu’un de fier. Je pense qu’il devait vraiment être désespéré pour demander à Jeff Woodruff de l’aider à payer ses impôts. »
Patrick Horstmann ajoute : « Je pense que leur entreprise ne faisait plus autant de profits qu’avant. »
Elaine se souvient de l’évolution de l’entreprise : « Au moment de notre divorce, l’entreprise était florissante. Mais en quelques années, les résidences ont commencé à se délabrer. Elles n’étaient plus entretenues. C’était ahurissant, et ça m’a rendu malade, parce qu’on avait travaillé tellement dur sur ces propriétés. »
Avant de prendre sa retraite, Frank veut pourtant s’assurer que les logements sont entre de bonnes mains. Pour ses proches, c’est loin d’être le cas.
Elaine explique : « Sur les photos postées sur les réseaux sociaux, j’ai vu que la santé de Frank s’était dégradée et j’ai compris qu’il n’était plus en état de s’occuper lui-même de l’entretien des locations. »
De son côté, Carmen commence à gérer les finances de l’entreprise.
Jeff Woodruff raconte : « Carmen a commencé à gérer les finances de l’entreprise, et Frank ne mettait plus du tout le nez dans les comptes. Il pensait que les affaires se portaient très bien, mais il a découvert qu’ils étaient endettés à hauteur de plusieurs milliers de dollars. »
Les enquêteurs envisagent alors d’autres recherches.
Patrick Horstmann explique : « On s’est tous concertés et on a commencé à discuter des autres pistes potentielles à explorer. Le domicile de Frank était entouré de lacs et d’étangs. Alors on s’est dit qu’on devrait peut-être fouiller la zone au vu de ses problèmes de santé et de mémoire. Par le passé, on a déjà eu affaire à des gens atteints de démence qui s’étaient perdus dans les bois aux alentours de chez eux. On a entré sa plaque d’immatriculation dans la base de données. Les autoroutes sont équipées de caméras de surveillance, ce qui nous permet de relever les plaques des véhicules qui y circulent. On peut ainsi avoir une idée de la direction prise par la personne disparue. Mais le véhicule de Frank n’avait été aperçu nulle part depuis que Carmen avait signalé sa disparition. »
Un nouvel élément intrigue alors les enquêteurs.
Si la famille Stonemark fait face à des problèmes d’argent, d’où proviennent les 200 000 dollars prélevés sur le compte de Frank ?
Lorsque la police interroge Carmen à ce sujet, elle révèle que son mari souffre d’une addiction aux jeux d’argent.
Tara Jones rapporte : « Quand les enquêteurs ont demandé à Carmen pourquoi Frank aurait eu besoin d’une telle somme d’argent, elle leur a expliqué que Frank était accro au jeu. Elle n’en aurait jamais parlé à personne pour ne pas entacher sa réputation. »
Elle affirme également que Frank aurait accumulé d’importantes dettes auprès d’un casino.
Tara ajoute : « D’après elle, Frank avait accumulé d’importantes dettes auprès du casino. Il s’était donc peut-être laissé dépasser par la situation. Les usuriers ne plaisantent pas. Ils sont prêts à tout pour récupérer leur argent. »
Frank aurait-il pris un pari risqué pour sauver son entreprise de la faillite ?
Ses enfants ne sont pas convaincus.
Susan nuance : « Il aimait les jeux d’argent. On a passé plusieurs vacances en famille à Las Vegas. Mais je ne dirais pas pour autant que c’était une addiction. »
La police vérifie alors son activité dans les casinos.
Patrick Horstmann explique : « On a contacté la commission des jeux d’argent et on a appris qu’il n’avait pas utilisé sa carte de joueur. »
James précise : « J’ai plusieurs cartes de joueur dans des casinos différents. Et je n’y ai pourtant pas mis les pieds depuis des années. Ces cartes sont un moyen pour eux de surveiller nos dépenses. On insère, ils vérifient notre temps de jeu et nous versent l’argent dessus. »
Les enquêteurs poursuivent leurs vérifications.
Tara Jones rapporte : « Quand la police a contacté les casinos du coin pour savoir si Frank leur devait de l’argent, ils ont découvert qu’il n’avait aucune dette. Il les avait peut-être remboursés. »
Rien ne semble donc prouver que Frank soit réellement accro aux jeux d’argent.
Les enquêteurs font alors une autre découverte.
Patrick Horstmann explique leur méthode : « Quand on enquête sur une disparition, on s’intéresse à tous les gens qui ont croisé la route de la personne recherchée. Ça nous permet d’écarter certaines pistes et de faire la liste des suspects potentiels. »
Au fil des années, Frank a engagé plusieurs hommes à tout faire pour s’occuper de ses locations. Et d’après le rapport de police, il aurait eu une altercation avec l’un d’entre eux.
Patrick Horstmann raconte : « Frank et Carmen avaient l’habitude d’embaucher des gens qui avaient très peu de ressources financières. C’était un moyen pour eux de s’assurer que cette personne accepterait toujours de travailler pour l’entreprise. »
James précise : « Quand il avait besoin qu’une tâche soit accomplie, il envoyait des gens qui avaient du mal à payer leur loyer pour s’en occuper. »
Susan ajoute : « Du moment que le travail était fait, il leur laissait une seconde chance. »
Lorsque les enquêteurs entrent le nom de Frank dans la base de données, ils découvrent que la police est déjà intervenue à son domicile deux ans auparavant.
Tara Jones rapporte : « Un des employés de l’entreprise avait déclaré que Frank l’avait agressé, mais il n’y avait pas eu poursuite. »
Les enquêteurs retrouvent cet ancien employé et découvrent alors une autre information.
Patrick Horstmann explique : « On a appris qu’il était leur locataire depuis plusieurs années et que Carmen Stonemark avait voulu l’embaucher en tant qu’homme à tout faire. C’est à cette période qu’ils ont commencé à avoir une liaison. »
Cette liaison avait provoqué la colère de Frank.
Cathy raconte : « Un soir, elle a dit à mon père qu’elle allait rendre visite à cet homme. Et de toute évidence, mon père était fou de rage. »
Susan décrit la scène : « Apparemment, elle a enfilé une nuisette et elle y est allée en sachant pertinemment que mon père la suivrait dans un accès de jalousie. Une fois sur place, il a demandé à l’autre homme où se trouvait sa femme. Et ils ont commencé à se battre. »
Patrick Horstmann ajoute : « Frank est entré dans la maison. Il hurlait, il insultait. Son locataire a donc appelé la police pour tenter de calmer la situation. »
Les enquêteurs se demandent alors si cet ancien employé pourrait avoir voulu se venger de Frank.
Mais cette piste est rapidement écartée.
Tara Jones explique : « Les enquêteurs ont retrouvé cet ancien employé. Et ce dernier a expliqué avoir déménagé et ne plus avoir adressé la parole au couple Stonemark depuis cet incident. La police a vérifié ses dires, et tout concordait. Il avait bien déménagé. Il n’était plus en contact avec les Stonemark. Et il était incarcéré au moment de la disparition de Frank. Il était donc impossible qu’il soit impliqué. »
La police cherche alors à comprendre pourquoi Carmen leur a caché cette relation.
Patrick Horstmann nuance : « L’infidélité peut être un élément suspect pour nous, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’une personne infidèle est forcément impliquée dans la disparition de son partenaire. Donc, seulement dans ce cas précis, ça nous a donné une bonne raison d’envisager de nouvelles pistes à explorer. »
Les recherches pour retrouver Frank Stonemark se poursuivent depuis plus d’un mois. Et la police de l’Illinois semble dans l’impasse.
Susan explique : « Les enquêteurs pensaient qu’il était parti après une dispute et qu’il finirait par revenir. Mais quand ils ont vu qu’il était toujours introuvable à la fin du mois de novembre, ils ont commencé à prendre les choses très au sérieux. »
La découverte de la liaison entre Carmen et un ancien employé soulève alors de nouvelles questions.
Tara Jones explique : « Au fil des années, Frank a embauché plusieurs personnes pour s’occuper des logements. Mais avec l’âge, il déléguait de plus en plus de tâches à Carmen. C’était elle qui s’occupait désormais de diriger les employés. »
Et les enquêteurs découvrent que cette relation n’est peut-être pas un cas isolé.
Patrick Horstmann révèle : « En s’intéressant davantage à la relation de Frank et Carmen, on a découvert que celle-ci avait eu plusieurs liaisons extraconjugales avec des employés de l’entreprise. Ce n’était pas exceptionnel. »
Elaine raconte : « Elle était dans la fleur de l’âge. Et j’ai appris plus tard par des amis qu’elle avait eu de nombreux amants. Frank s’en est rendu compte, et la situation a dégénéré. »
Tara Jones précise : « La police sait que ce sont des choses qui arrivent. Mais les enquêteurs trouvaient suspect que Carmen ait voulu leur cacher ça. »
Pendant que les recherches se poursuivent, les enquêteurs découvrent que le couple a également d’autres sources de conflit.
Cathy explique : « Ils se disputaient surtout à cause de l’argent. Elle lui reprochait d’être sur la paille. Elle voulait qu’il vende des affaires, mais mon père n’en avait aucune envie. »
Jeff Woodruff ajoute : « Frank savait que Carmen s’occupait des loyers. C’était elle qui gérait l’argent de la famille. Quand je lui ai demandé pourquoi il la laissait faire, il m’a répondu qu’il avait peur de finir seul. »
La police n’est désormais plus convaincue que Frank est simplement parti de son plein gré.
Patrick Horstmann explique : « De nos jours, il n’est pas simple de disparaître volontairement. Les gens ont besoin d’argent, d’utiliser leur téléphone, de contacter certaines personnes. Même si quelqu’un voulait disparaître, il lui serait presque impossible de ne pas laisser de traces. »
Le 17 mars 2018, près de cinq mois après la disparition de Frank, James Deese, l’un de ses employés, fait de surprenantes révélations.
Patrick Horstmann se souvient : « Je n’oublierai jamais la première chose qu’il a dite. Il nous a expliqué que Frank n’avait pas disparu, mais qu’il était décédé et qu’il le savait depuis le début. Quand j’ai entendu ça, j’ai tout de suite su que la semaine allait être très longue. »
James travaille pour le couple depuis des années. Il est même censé gérer l’entretien des résidences lorsque Frank prendra sa retraite.
Tara Jones précise : « James leur a dit qu’il travaillait pour le couple depuis des années et qu’il était censé gérer l’entretien des résidences une fois que Frank aurait pris sa retraite. »
Elaine raconte : « Ils s’entendaient bien avec Frank. Ils vivaient sur le même terrain. »
Mais James affirme entretenir des rapports beaucoup plus compliqués avec Carmen.
Tara Jones explique : « James a confié à la police qu’il avait des rapports compliqués avec Carmen. »
Au départ, James affirme que leur relation est purement professionnelle. Mais avec le temps, les choses changent.
Patrick Horstmann raconte : « James a commencé à travailler de plus en plus souvent sur les logements. Et c’était Carmen qui le dirigeait. Elle gérait son emploi du temps et lui disait ce qu’il devait faire. Et avec le temps, ils sont devenus de plus en plus proches. »
Tara Jones poursuit : « Carmen le conduisait au travail, et elle lui parlait de ses problèmes de couple. Ils ont alors commencé à avoir une liaison. »
Selon James, Carmen lui parle alors de son mariage et de son ressentiment envers Frank.
Patrick Horstmann rapporte : « Carmen a raconté à James qu’elle ressentait de l’amertume vis-à-vis de Frank. Elle disait qu’elle ne l’aimait plus. Et elle a affirmé que s’il venait à mourir ou à disparaître, alors elle pourrait enfin s’installer avec James et qu’ils pourraient ainsi profiter de la vie tous les deux. »
James lui demande alors pourquoi elle ne quitte tout simplement pas son mari.
Tara Jones rapporte : « Quand James lui a demandé pourquoi elle ne quittait pas son mari, elle lui a répondu qu’elle n’y gagnerait rien, mais que s’il mourait, elle hériterait de l’entreprise. »
La situation financière du couple donne une autre dimension à cette déclaration.
Cathy précise : « Leur contrat de mariage mentionnait qu’en cas de divorce, mon père conserverait l’ensemble de son patrimoine. »
James affirme ne pas avoir pris Carmen au sérieux jusqu’à ce qu’elle mette ses menaces à exécution.
Le 29 octobre, il reçoit un appel de Carmen.
Tara Jones raconte : « James a raconté à la police que Carmen l’avait appelé le 29 octobre vers 22h pour lui dire de la rejoindre. Une fois sur place, il aurait vu Frank étendu sur le sol au milieu d’une mare de sang, le visage tout bleu. Il ignorait si Carmen l’avait tué accidentellement ou si elle avait fait ça pour se débarrasser de lui. »
Carmen lui demande alors de l’aider à déplacer le corps.
Patrick Horstmann explique : « Carmen lui a dit que s’il ne l’aidait pas à déplacer le corps de Frank, elle l’expulserait de la résidence. Il a refusé de l’aider et il est rentré chez lui. D’après lui, quand il est revenu le lendemain matin, le corps de Frank avait disparu, et tout avait été détruit. »
James accepte pourtant de garder le secret.
Mais le poids de ce qu’il sait devient trop lourd.
Tara Jones rapporte : « James avait accepté de garder le secret, mais c’était devenu trop lourd à porter pour lui. Il avait donc décidé de tout avouer. »
Pour la famille Stonemark, ces révélations sont un choc.
Cathy témoigne : « Tout ce qu’on savait à ce moment-là, c’était que notre père avait disparu. On ne nous avait informés de rien. »
La police n’est pas totalement convaincue que James dit toute la vérité. Mais les enquêteurs décident malgré tout de le placer sous protection pendant qu’ils poursuivent leurs investigations.
Patrick Horstmann explique : « Il nous a raconté avoir continué d’échanger des messages avec Carmen, même après être passé aux aveux. Il était persuadé que s’il l’appelait, il arriverait à la faire avouer tout au téléphone. On a donc obtenu les autorisations nécessaires pour le placer sur écoute. Cela nous permettait d’être présents lors de sa conversation téléphonique avec Carmen Stonemark et de tout enregistrer. »
James accepte donc d’aider la police à obtenir les aveux de Carmen.
Mais les enquêteurs découvrent rapidement qu’il ne leur a pas tout dit.
Tara Jones rapporte : « Il savait que Carmen allait tout raconter. Alors il a admis l’avoir en fait aidée à déplacer le corps de Frank. »
Patrick Horstmann précise : « Carmen lui a demandé d’aller chercher le van et de le ramener jusqu’à la maison. Frank était un homme imposant. Il aurait été très difficile pour une seule personne de déplacer son corps. »
Le corps est alors déplacé.
James Stonemark raconte : « Ils l’ont enroulé dans une vieille bâche de piscine. »
Patrick Horstmann poursuit : « James et Carmen ont ensuite chargé le corps à l’arrière du véhicule. »
James ajoute : « Et ils l’ont déposé sur une de ses propriétés. »
Après s’être débarrassés du corps de Frank, James et Carmen auraient abandonné le véhicule avant de retourner dans l’Illinois.
Le van est finalement retrouvé à Paducah, dans le Kentucky.
Cathy rapporte : « Le van a été retrouvé à Paducah, sur le parking d’un centre commercial, à l’endroit exact décrit par James et Carmen. »
La police du Kentucky intervient alors aux côtés des enquêteurs de l’Illinois.
Patrick Horstmann explique : « Avec l’aide de la police du Kentucky, on a obtenu un mandat de perquisition. Et on a saisi le van en tant que pièce à conviction. Il a ensuite été examiné par la police scientifique. À l’intérieur, ils ont retrouvé deux plaques de béton comme celles qu’on utilise pour les cloisons sèches des constructions. Ces deux éléments étaient tachés de sang. Le van a été passé au luminol. Et on a retrouvé d’autres traces de sang à l’intérieur du véhicule. On n’avait plus à faire à une simple disparition, mais à un cas d’homicide. Le sang a été prélevé dans le véhicule. On a ensuite convoqué la famille pour des prélèvements ADN. »
Les résultats des analyses confirment leurs soupçons.
Cathy raconte : « On nous a informés que les résultats d’analyse correspondaient à 99 % à l’ADN de notre père. »
Pour la famille, la nouvelle est terrible.
Elaine se souvient : « Quand on a appris officiellement que Frank avait été assassiné, c’était la veille de l’anniversaire de mon fils. Il est né un 24 mars, et mes filles m’ont appelée le 23. Elles m’ont dit avoir reçu un appel du comté de Jackson. La police leur avait expliqué qu’un des suspects placé sous protection avait tout avoué. »
Susan raconte : « C’était le pire jour de notre vie. Je me suis effondrée par terre et j’ai fondu en larmes. C’était comme recevoir un coup de poing dans le ventre. J’avais tout fait pour garder espoir. Je ne voulais pas vraiment que ça se termine comme ça. »
Les enquêteurs espèrent maintenant que James parviendra à faire avouer Carmen au téléphone.
Mais avant même qu’ils ne tentent de la joindre, Carmen contacte elle-même les autorités.
Tara Jones rapporte : « Carmen a appelé la police et leur a dit que quelqu’un était entré par effraction chez elle. D’après elle, le coupable était James Deese, leur homme à tout faire. »
Pour les enquêteurs, cette version est impossible.
Patrick Horstmann explique : « On savait que cette information était fausse, parce qu’à ce moment-là, on était avec James. »
Les enquêteurs sont alors persuadés que Carmen tente de faire porter la responsabilité à James.
Ils décident d’enregistrer un appel entre les deux amants.
Patrick Horstmann raconte : « James n’y est pas allé par quatre chemins. Il lui a demandé pourquoi elle avait raconté à la police qu’il était entré chez elle par effraction, alors qu’elle savait que c’était faux. Il lui a dit que si elle ne rappelait pas la police pour arranger ça, il irait voir les enquêteurs et il leur raconterait ce qui était arrivé vraiment à Frank. »
Carmen finit par rappeler la police.
Tara Jones précise : « Carmen a rappelé la police et a affirmé qu’elle s’était trompée. Et ce n’était finalement pas James Deese qui était entré par effraction. »
Pour les enquêteurs, cet appel est déterminant.
Patrick Horstmann affirme : « La preuve était faite. Carmen était réellement impliquée dans cette affaire. »
Mais il reste un problème majeur : le corps de Frank n’a toujours pas été retrouvé.
En son absence, les enquêteurs savent qu’ils vont avoir des difficultés à inculper Carmen.
Ils décident donc de faire pression sur James.
Le 22 mars 2018, James Deese est arrêté pour le meurtre de Frank Stonemark. Sa caution est fixée à un million de dollars.
Tara Jones raconte : « Quand James Deese a réalisé qu’il encourait la prison à perpétuité, il a tout avoué. »
James explique alors que le plan de Carmen a été chamboulé lorsque la famille Stonemark a commencé à fouiller les propriétés.
Tara Jones rapporte : « Tandis que l’enquête progressait, les enfants de Frank étaient déterminés à fouiller ses propriétés à la recherche d’indices. Carmen et James ont donc décidé de déplacer le corps qu’ils avaient caché sur le terrain d’une des locations vides et de le ramener sur le lieu du crime. »
Le corps est alors découpé.
Elaine raconte : « Ils ont utilisé des tronçonneuses, et ils ont placé les morceaux du corps dans des sacs plastiques noirs. Ils les ont ensuite ramenés chez elle. »
Tara Jones poursuit : « Carmen a pris les morceaux du corps de Frank, les a mis dans des sacs qu’elle avait déposés dans des barils auxquels elle a ensuite mis le feu derrière la maison du couple. »
Pour Cathy, cet acte explique peut-être pourquoi James finit par tout révéler.
Elle estime : « J’ai tendance à penser que cet acte était tellement atroce et sordide pour James que ça l’a poussé à tout avouer. S’il ne l’avait pas fait, on n’aurait jamais su ce qui était arrivé à notre père. »
Avec ce nouveau témoignage, les enquêteurs estiment que le moment est venu d’interroger Carmen.
Mais elle continue de nier.
Patrick Horstmann explique : « On lui a demandé si elle avait parlé à James Deese, et elle a répondu que non. On savait que ce n’était pas la vérité. »
Tara Jones ajoute : « Elle a continué de mentir et de nier son implication dans le meurtre. »
Pour la famille, la situation est particulièrement frustrante.
Cathy explique : « À ce moment-là, c’était sa parole contre celle de James. Il n’y avait aucun moyen de prouver sa culpabilité. »
Elaine raconte : « J’étais très frustrée et contrariée pour mes enfants. Ils étaient tous les trois traumatisés et ils n’avaient pas accès à toutes les informations. On apprenait en permanence de nouveaux éléments au compte-gouttes et on se demandait quand est-ce que ça allait s’arrêter. »
Pour constituer leur dossier, les enquêteurs décident alors de s’intéresser aux finances du couple.
Tara Jones explique : « Ils ont découvert que c’était Carmen qui avait vidé le compte en banque. Et elle est allée encore plus loin en essayant d’utiliser une procuration de Frank pour accéder à son coffre-fort. Elle a également tenté de vendre plusieurs de ses résidences, mais elle n’a pas réussi parce que l’agent immobilier s’est aperçu que les documents étaient falsifiés. »
Le 18 juillet 2018, Carmen Stonemark est arrêtée pour meurtre. Deux jours plus tard, elle est incarcérée à la prison du comté de Jackson. Sa caution est fixée à 2,5 millions de dollars.
Mais les poursuites vont-elles aboutir ?
Susan témoigne : « Elle était déterminée à obtenir ce qu’elle voulait, et elle était vraiment prête à tout pour y parvenir. »
Patrick Horstmann confirme : « James Deese et Carmen Stonemark ont été inculpés pour meurtre. Et cette dernière a été accusée d’entrave à la justice. »
Pour Susan, l’arrestation de Carmen apporte enfin un certain soulagement.
Elle confie : « Quand Carmen a été arrêtée, j’ai ressenti un énorme soulagement. Il fallait maintenant faire en sorte qu’elle soit condamnée et que justice soit rendue. »
Les enquêteurs poursuivent leurs recherches pour retrouver les restes du corps de Frank.
Patrick Horstmann explique : « Quand on a appris que le corps avait été ramené sur les lieux du crime et brûlé dans des barils, on a fait une demande de mandat de perquisition pour la maison. On y a trouvé une tronçonneuse recouverte de restes humains. Au fond du baril brûlé, on a aussi retrouvé des cendres et un morceau d’os, ce qui corrobore une fois de plus la version de James. »
Les restes sont envoyés au laboratoire.
Tara Jones rapporte : « Ils ont envoyé les restes humains au laboratoire et les analyses ont conclu qu’il s’agissait de Frank. »
Pour les enfants de Frank, cette confirmation est particulièrement difficile à accepter.
Susan confie : « On a beaucoup de mal à accepter l’idée que notre père soit mort dans de telles circonstances. »
Les enquêteurs interrogent alors James Deese une dernière fois.
Patrick Horstmann raconte : « Lorsqu’on a interrogé James Deese pour la dernière fois, il a dit toute la vérité. Il a affirmé que dès le début de sa liaison avec Carmen, cette dernière était déterminée à tout faire pour se débarrasser de Frank afin qu’ils puissent vivre leur amour au grand jour. »
Pour James Stonemark, son père avait lui aussi fini par comprendre que son mariage était arrivé à son terme.
Il explique : « Je pense que mon père en avait assez d’elle. Et elle s’en est rendu compte. »
Susan ajoute : « Il voulait demander le divorce et elle n’arrivait pas à l’accepter après tout ce temps passé ensemble. Elle ne voulait pas qu’il l’empêche de récupérer son argent. »
Elaine résume la situation : « À cause du contrat de mariage, la seule solution pourrait-elle être de le tuer. »
Susan répète : « Elle était déterminée à obtenir ce qu’elle voulait et elle était vraiment prête à tout pour y parvenir. »
Selon l’enquête, le 29 octobre, Frank invite James chez lui pour regarder un match.
Tara Jones raconte : « Le 29 octobre, Frank a invité James chez lui pour regarder un match. Et Carmen lui a dit que c’était l’occasion ou jamais de le tuer. »
Mais au moment de passer à l’acte, James n’y arrive pas.
Carmen réagit alors en retournant Frank contre lui.
Patrick Horstmann explique : « Carmen était frustrée. Et elle a alors raconté à Frank que James leur volait de l’argent. »
Cathy raconte : « Elle savait comment les monter l’un contre l’autre. Elle a dit à mon père qu’il devait expulser James de la location le soir même. Et mon père s’est exécuté. »
Une altercation éclate alors entre Frank et James.
Tara Jones rapporte : « Il y a eu une altercation entre Frank et James. Ce dernier a commencé à mettre ses mains autour de la gorge de Frank. »
Patrick Horstmann poursuit : « Il l’a alors étranglé à mort. »
Carmen a obtenu ce qu’elle voulait. Mais il faut maintenant faire disparaître les preuves.
Patrick Horstmann souligne : « En général, dans les cas d’homicide, on a affaire à un seul meurtrier. Mais il est très rare que deux personnes décident conjointement d’utiliser des outils tels que des tronçonneuses et de démembrer un corps avant de le brûler dans des barils. Ce qu’ont fait James et Carmen est d’une cruauté extrême. »
La famille Stonemark doit désormais vivre sans pouvoir enterrer Frank.
Susan témoigne : « On n’a pas pu enterrer notre père parce qu’il ne restait rien de lui. »
Cathy ajoute : « Il n’y avait pas de corps. Il n’y avait plus rien. Il n’a aucune sépulture. On n’a nulle part où se recueillir… pour la fête des pères ou pour son anniversaire. Il ne peut même pas reposer en paix. »
Les enquêteurs se demandent alors si les preuves réunies sont suffisamment solides pour condamner Carmen.
En juillet 2019, ils obtiennent finalement une réponse.
Tara Jones annonce : « En juillet 2019, elle a décidé de plaider coupable pour éviter le procès. »
Elaine raconte : « Le juge lui a demandé au moins une bonne vingtaine de fois si elle avait bien conscience de ce que ça impliquait. Et à chaque fois, elle a affirmé qu’elle était coupable et que c’était la vérité. »
Le dossier judiciaire se termine alors par deux condamnations distinctes.
Le 9 juillet 2018, James Deese plaide coupable de meurtre non prémédité. Il est condamné le 20 juillet 2020 à 25 ans de prison.
Un an plus tard, Carmen Stonemark plaide coupable d’incitation au meurtre et de dissimulation de cadavre. Elle est condamnée le 15 juillet 2020 à 17 ans de prison pour incitation au meurtre et à 3 ans pour dissimulation de cadavre.
Elaine revient sur la différence entre les deux peines : « Il était furieux qu’elle n’ait écopé que de 20 ans alors qu’il en avait pris 25. Mais c’est lui qui a commis le meurtre. Il a fait un choix. Rien ne l’obligeait à tuer Frank. Il aurait pu s’en aller. »
Pour Cathy, James est devenu l’instrument de Carmen.
Elle explique : « Selon moi, James était devenu l’arme de Carmen. Elle s’est servie de lui pour arriver à ses fins. »
Tara Jones résume : « Elle préférait le voir mort que recevoir une demande de divorce. »
Pour Jeff Woodruff, la disparition de Frank représente une tragédie à plusieurs niveaux.
Il conclut : « Frank a non seulement perdu tout son argent, mais il a aussi perdu la vie. Et surtout, il a perdu sa famille en cours de route. C’est une véritable tragédie. »
Carmen Stonemark pourra prétendre à une libération conditionnelle en 2034. Elle sera alors âgée de 70 ans.
James Deese pourra prétendre à une libération conditionnelle en 2043. Il sera alors âgé de 78 ans.
@ker_gauthier
