Rose Hill dans le Kansas, petite ville dortoir située à la sortie de Wichita.
« On est quasiment en plein milieu des États-Unis, explique Ron Sylvester. Donc on fait difficilement plus Amérique moyenne qu’ici. »
Dans cette ville sûre, exempte de criminalité, les résidents aiment profiter de leur été en toute quiétude. Mais le 28 juillet 1997, Franck Harrod sent le vent tourné lorsqu’il tente de contacter son fils Punkie Harrod, 24 ans.
« Je l’appelais tous les jours, raconte Franck Harrod. Et quand je l’ai eu ce soir-là, son ton était différent. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas. Et il m’a dit : ‘Rien, Papa… Il y a Rien. Aucun problème.’ »
Franck appelle ensuite sa belle-fille, Kelly Harrod, 21 ans, enceinte de Punkie qui partage son inquiétude.
« Le lendemain, quand j’ai rappelé, elle m’a dit qu’il n’était pas là, précise Franck Harrod. J’ai rappelé plusieurs fois, mais rien. »
« On s’est doutés qu’il se passait quelque chose parce que Punkie appelait Franck tous les jours, témoigne Blanca Harrod. On a appelé ses amis. Mais personne ne l’avait vu, personne ne lui avait parlé. »
Le lendemain, l’inquiétude croit lorsque Punkie ne se présente pas au travail pour son premier jour dans l’entreprise d’aéronautique où sont employés ses deux parents.
« Je lui avais trouvé ce travail dans la construction aéronautique, se souvient Blanca Harrod. Mais le lendemain, mon patron m’a dit : ‘Ton fils n’est pas venu.’ »
Kelly décide alors d’appeler le bureau du shérif du comté de Butler.
« Quand on reçoit un signalement pour disparition, un policier se déplace pour obtenir des informations sur la personne, ajoute Glenn Hopper. Et on peut commencer à établir une chronologie, la dernière fois que l’individu a été vu, avec qui, dans quel contexte… Tout ça. »
Kelly déclare avoir vu Punkie pour la dernière fois le 29 juillet lorsqu’il est sorti faire une
course avant qu’il ne fasse trop chaud.
« Il s’était levé tôt, souligne Glenn Hopper. Il était allé acheter des cigarettes. Et il n’était jamais rentré. »
« Ils ont regardé ce qu’il avait laissé à la maison et… ce qu’il avait pris avec lui., décrit Jan Satterfield. »
« Ses clés étaient là, ses cigarettes là, son bipeur aussi, indique Franck Harrod. Mais il ne sortait jamais sans ses cigarettes. »
« Sa voiture était là, confie Blanca Harrod. Où est-ce qu’il serait allé sans sa voiture ? »
Né à Kirvin dans le Texas en 1973, Franck Hill Harrod Jr. est depuis toujours surnommé Punkie.
« Il passait son temps à jouer avec les grands, poursuit Franck Harrod. Ils l’adoraient parce qu’il aimait prendre des risques. »
« Punkie, c’était un petit casse-cou, affirme Blanca Harrod. Il aimait bien faire du vélo. Il faisait des figures. Et puis, quand il a grandi, il est passé aux courses de voiture. »
« Il était tout le temps en train de sourire, observe Franck Harrod. Je pourrais toujours l’appeler pour lui dire : ‘J’ai besoin de ceci… ou de cela. Je pouvais compter sur lui. Il venait à chaque fois. C’était un bon fils. »
La famille s’installe ensuite à Rose Hill dans le Kansas. Adolescent, Punkie passe tous ses week-ends sur le circuit local. Et à 17 ans, il se découvre d’autres passions. Lorsque son regard croise celui de la charismatique Kelly Osburn, alors âgée de 15 ans.
« Elle se faisait tout le temps des amis., relate Reanna Bishop. »
« Kelly était une jolie fille, déclare Blanca Harrod. Elle avait de long cheveu brun. C’est ça qui l’a marqué. »
« Ils ont commencé à parler, explique Corina Bishop. Et puis une chose en entrainant une autre, ils sont sortis ensemble. »
« Il était fou d’elle, détaille Franck Harrod. Il aurait tout fait pour elle. »
« Un an et demi ou deux ans après leur rencontre, ils ont décidé de se marier, rappelle Blanca Harrod. C’était un joli mariage. Punkie et Kelly s’étaient beaucoup amusés. »
Le couple n’a pas le temps de se faire à sa nouvelle vie qu’une surprise vient égayer encore
son quotidien.
« Ils m’ont appelé au travail pour me l’annoncer, constate Franck Harrod. Il était aux anges. Je lui ai dit : ‘Très bien. J’imagine que ça fait de moi un grand père.’ »
Le premier enfant du couple, Corina, voit le jour en octobre 1994.
« Ma mère venait d’avoir 18 ans, note Corina Bishop. Mais je sais qu’elle était très heureuse. »
La petite Reanna rejoint la famille un an plus tard en décembre 1995.
« Ils étaient heureux d’être parents je pense., explique Corina Bishop. »
« Punkie était un bon père, raconte Blanca Harrod. Il adorait ses filles. Il jouait avec elles. Il les mettait devant sur le quad pour partir en balade. Et Kelly aussi s’occupait très bien des enfants. »
« Je sais qu’ils aimaient faire des activités en famille, aller au zoo, aller voir des feux d’artifice, précise Reanna Bishop. La fête nationale, c’était la fête préférée de mon père. »
Punkie est particulièrement conservateur dans sa conception de la parentalité.
« Kelly a eu un boulot dans une chaîne de restauration rapide, témoigne Blanca Harrod. Mais ça n’a pas duré parce que Punkie ne voulait pas qu’elle travaille. Il était comme son père. Il voulait subvenir aux besoins de sa famille tout seul. Il touchait un peu à tout. C’était un homme à tout faire on va dire. »
Leur mariage n’est pas parfait. Mais Punkie et Kelly surmontent les obstacles.
« Bien qu’ils se disputaient de temps en temps – mais tout le monde se disputait –, c’étaient des chamailleries., se souvient Franck Harrod. »
Lorsque Punkie n’est pas au travaille, il emmène Kelly et les filles sur le circuit automobile où il participe à des courses de voiture.
« C’était une sortie familiale, ajoute Corina Bishop. Je pense que c’était pas trop le truc de ma mère. Mais tant qu’on était ensemble, elle était heureuse. Il avait peint le nom de ma mère sur le flanc de la voiture. Il lui avait donné son nom. Il adorait cette voiture. »
Sur le circuit, Punkie et Kelly rencontrent un autre couple, Tammy Crowe.et Jerry Trussell.
« Tammy était née dans l’Alabama, et elle avait passé presque toute sa vie ici, souligne Larry Trussell. Jerry était un passionné de voiture. Il faisait un peu de mécanique pour les autres et il retapait des bolides pour lui-même pour pouvoir faire des courses. »
« Punkie est allé à une course de binôme où il y en a un qui conduisait et un qui freinait, raconte Franck Harrod. Et il a rencontré Jerry. »
« Ils ont décidé de monter une équipe., décrit Corina Bishop. »
« Ils sont devenus très bons amis, indique Larry Trussell. Ils couraient ensemble. Ils étaient comme des frères. On ne voyait jamais l’un sans l’autre. Ils se disputaient souvent pendant les courses. Et c’est normal de se disputer entre amis, entre frères. Et tout allait bien après un jour ou deux. »
A l’été 1997, Tammy et Jerry sont expulsés de chez eux, et leur ami Punkie leur tend la main sans
l’ombre d’une hésitation.
« Ils avaient nulle part où aller, confie Franck Harrod. Pour Punkie, c’était important de prendre soin de ses amis. Alors il les a invités chez lui. »
« Mon père était généreux, poursuit Corina Bishop. Il aimait rendre les gens heureux. Et il faisait tout ce qu’il pouvait pour eux. »
La fille de Tammy est aussi de la partie. La journée, pendant que Punkie et Jerry travaillent, Kelly
et Tammy se partagent les tâches domestiques.
« Elles s’occupaient… des enfants., affirme Blanca Harrod. »
Le mois de juillet avance et l’avenir semble prometteur pour les deux familles. Jerry et Tammy recherchent un nouveau logement. Kelly apprend qu’elle est enceinte de son troisième enfant et Punkie décroche un nouveau travail dans l’aéronautique. Mais un jour, Punkie disparaît.
« Kelly et leurs amis ont appelé la police quand il a disparu., observe Franck Harrod. »
Lorsque les policiers lui demandent si Punkie aurait eu une raison de partir, Kelly répond que
leur mariage bat de l’aile, mais pas suffisamment pour que son mari s’enfuit.
« S’il avait voulu partir, je suis sûre que Punkie aurait prévenu, relate Blanca Harrod. Mais de toute façon, il ne serait jamais parti. Ses enfants, c’est sa plus grande fierté. Ils ne les auraient jamais abandonnés. »
Les policiers enregistrent la disparition. Mais Punkie est majeur. Et sans preuve de crime, ils ne
peuvent rien faire de plus. Les proches du père de famille sont désemparés.
« Je leur ai dit : ‘Mon fils a disparu, et il faut faire quelque chose.’, déclare Franck Harrod. »
« Ce n’était pas du tout son genre, détaille Jan Satterfield. Ça ne lui ressemblait pas de partir comme ça. »
Rapidement, les enquêteurs se rendent chez Punkie pour interroger son épouse, Kelly, et leurs colocataires, Tammy Crowe et Jerry Trussell. Lorsque les autorités leur demandent où pourrait se trouver Punkie, ces derniers soulèvent une inquiétante hypothèse.
« Les policiers ont parlé avec Jerry et Tammy qui lui ont dit qu’il baignait dans des histoires de trafic, que quelqu’un voulait se venger ». , rappelle Glenn Hopper. »
Tammy raconte avoir entendu que Punkie serait impliqué dans un trafic de drogue.
« C’était leur version, constate Larry Trussell. Punkie s’était laissé embarquer dans le crime organisé. Il devait de l’argent aux mauvaises personnes. Alors il s’est échappé. Ils en savaient pas plus. »
« Chaque fois qu’on nous donnait une piste qui tenait la route, on a envie de la suivre., note Glenn Hopper. »
Un défaut de paiement pourrait effectivement expliquer une soudaine disparition. Les autorités
décident de suivre la piste et s’entretiennent avec les parents de Punkie, Franck et Blanca Harrod, pour obtenir plus d’informations à ce sujet.
« Punkie n’était pas dans la drogue, explique Franck Harrod. Les gens pensaient qu’il était dans un gang parce qu’il s’appelait Punkie et qu’il avait les cheveux longs. Mais je leur ai dit : ‘Il ne fait pas partie d’un gang.’ »
Les parents de Punkie affirment également que leur fils n’aurait jamais pris le risque de perdre
son nouveau travail.
« Il devait passer un dépistage avant de signer, raconte Blanca Harrod. Et s’il le ratait, il n’aurait pas été pris. »
« Ses parents n’ont jamais douté un instant, précise Jan Satterfield. Ils savaient qu’il lui été arrivé quelque chose, que quelqu’un lui avait fait du mal. »
Les autorités vérifient les résultats d’analyse de Punkie.
« On a obtenu un mandat pour récupérer les analyses, témoigne Glenn Hopper. Ses employeurs lui avaient fait passer des examens juste pour vérifier s’il avait pris des drogues ou de l’alcool. Et tout était négatif. »
Les enquêteurs vérifient également dans la base de données des autorités locales si Punkie a déjà été impliqué dans un trafic de drogue ou des guerres de gang.
« On n’a rien trouvé de tout ça, se souvient Glenn Hopper. On a vérifié son dossier. »
Mais le dossier révèle une récente interaction avec la police, un soir d’été, à proximité du circuit où Punkie a ses habitudes.
« Il partait du circuit quand il a été arrêté par un policier qui lui a mis une amende pour excès de vitesse, ajoute Randy Coofman. C’était le 24 juillet. »
Il s’agit du dernier signe de vie officiel de Punkie. Mais cette information ne fait pas avancer l’enquête.
« Punkie a été enregistré dans le registre national des personnes disparues, souligne Jan Satterfield. Ça veut que s’il se faisait arrêter où que ce soit, le policier aurait vu qu’il était recherché et aurait pu signaler sa présence. »
Les enquêteurs interrogent les proches et collègues de Punkie pour savoir si qui que ce soit peut lui vouloir du mal.
« On n’a jamais vraiment rencontré qui que ce soit qui en avait contre Punkie, décrit Glenn Hopper. Ils nous ont presque tous dit qu’il aurait tout pour eux. »
« Je ne pense pas que Punkie avait des ennemis, indique Blanca Harrod. Tous les gens qu’il rencontrait devenaient ses amis. Il s’entendait avec tout le monde. »
Pendant que les policiers continuent leur enquête, les parents de Punkie, son épouse et ses amis consacrent leur été à le chercher.
« Franck et Blanca avaient appeler Kelly et Tammy, confie Glenn Hopper. Et tous ensemble, ils avaient fait des affiches et les avaient accrochées partout dans la ville. Ils espéraient que quelqu’un les appellerait pour leur donner des indices. »
« On a appelé tout le monde, ou plutôt mon mari appelait le bureau du shérif tous les jours, poursuit Blanca Harrod. On n’arrêtait pas. On lâchait rien. Vous savez… quand votre enfant disparaît et que vous voulez le retrouver, vous faites tout ce que vous pouvez. »
Malgré ses efforts, la famille n’apprend rien. Le 15 août 1997, plus de deux semaines après la disparition de Punkie, les policiers du comté de Butler sont contactés par un homme qui a vu l’affiche des parents.
« Le témoin n’a jamais décliné son identité, affirme Glenn Hopper. En gros, il a dit qu’il avait vu l’affiche. Il connaissait les gens que fréquentait Punkie et qu’ils avaient quelque chose à avoir avec sa mort. »
C’est la première fois que la mort de Punkie est si clairement suggérée.
« Il a dit que des gens étaient venus lui demander une arme, observe Randy Coofman. Et le témoin anonyme a dit : ‘Je crois qu’il lui est arrivé quelque chose.’ »
Malheureusement, l’homme appelle pendant le week-end. Et ce jour-là, le bureau est en
sous-effectif.
« En 1997, en tant que petite ville, on n’avait pas trop de moyens et on avait un seul opérateur qui travaillait ce jour-là, relate Glenn Hopper. L’opérateur lui a dit qu’il n’avait personne à lui passer – on était dimanche – et qu’il valait mieux rappeler le lendemain. Et le témoin a accepté de réessayer plus tard. »
Le lundi suivant, les enquêteurs découvrent l’appel. Ils écoutent l’enregistrement et remarquent
le ton inhabituel du témoin qui présente une voix aiguë et un bégaiement. Les policiers attendent que l’homme rappelle pour entendre ce qu’il sait. Mais le téléphone ne sonnera jamais.
« Personne ne savait qui c’était, déclare Jan Satterfield. Malheureusement, à cette époque, on ne pouvait pas retrouver le numéro de l’appelant. On n’était pas équipé pour ce type d’opération. »
« On ne savait pas du tout qui ça pouvait être, détaille Randy Coofman. J’ai fait écouter l’enregistrement à la famille et aux proches de Punkie, mais personne n’a su reconnaître la voix. »
Les semaines passent et la chaleur de l’été laisse place à la fraîcheur de l’automne. La
famille de Punkie craint ne jamais découvrir ce qui lui est arrivé.
« Des enquêteurs venaient à la maison pour nous interroger, pour parler… tout ça., rappelle Blanca Harrod. »
Malheureusement, aucune autre piste ne se dégage. Et le comté de Butler a d’autres affaires à résoudre.
« On avait huit affaires d’homicide un peu partout dans le comté à cette époque, constate Jan Satterfield. Et les policier s étaient très occupés. »
Toute la famille de Punkie est abattue par sa disparition, et ses enfants plus particulièrement.
« Je ne savais ce qui avait pu lui arriver, s’il allait bien, s’il s’était enfui pour recommencer sa vie ailleurs, note Corina Bishop. Je ne savais pas. Mais je me sentais… un peu abandonnée. »
« On voulait pas y croire, explique Reanna Bishop. C’était comme une trahison. »
Il faut attendre presqu’un an avant que les enquêteurs obtiennent une nouvelle piste. Et cette fois, elle ne leur vient pas d’un témoin anonyme.
« Les autorités ont eu l’occasion de parler avec Kelly., raconte Jan Satterfield. »
Au mois de décembre 1997, cinq mois après la disparition de Punkie Harrod, 24 ans, son épouse Kelly, 22 ans, donne naissance à leur troisième enfant. Une fille que Punkie n’aura jamais la chance de rencontrer.
L’été 1998 s’installe. Les températures montent. Et les policiers ne savent toujours pas où pourrait se trouver Punkie. Mais l’enquête connaît un rebondissement lorsque Kelly Harrod se présente au bureau du shérif du comté de Butler pour demander de l’aide.
« Elle a dit qu’on devait la protéger contre Jerry Trussell., précise Randy Coofman. »
Kelly explique qu’après l’installation de Jerry et Tammy chez elle, peu avant la disparition de Punkie, Jerry aurait rapidement pris ses aises.
« Il vient me draguer, explique Kelly Harrod. Il me touchait. Et moi, je le repoussais. Quoiqu’il fasse je le repoussais parce que j’étais pas du tout intéressé par lui de quelque façon que ce soit. »
Kelly explique que Punkie aurait remarqué les tentatives de Jerry et qu’elles ne lui auraient pas
plu.
« Il est très… très protecteur avec moi., raconte Kelly Harrod. »
« Vu le récit de Kelly, on aurait dit que Jerry et Punkie étaient tout le temps en train de se disputer, et que ça devait forcément mal finir., témoigne Ron Silvester. »
Quant au récit de la disparition, Kelly se tient à sa première version : le matin du 29 juillet, Punkie est sorti acheter des cigarettes, et il n’est jamais rentré. Cependant, elle admet désormais avoir omis un détail considérable.
« Ils sont partis ensemble, précise Kelly Harrod. Punkie et Jerry sont partis ensemble. Et Jerry est rentré… tout seul. »
Kelly explique qu’elle a caché cet élément lors de la première audition parce que Punkie n’est plus là pour la protéger contre Jerry. Elle raconte ensuite qu’après la disparition de Punkie, Jerry dirigeait la maison d’une main de fer et obligeait Kelly et Tammy à obéir à ses moindres
exigences, même sexuelles.
« Il m’a dit… si je ne faisais pas ce qu’il voulait… il ferait du mal… à mes enfants., témoigne Kelly Harrod. »
« C’était un homme sournois, se souvient Glenn Hopper. Il était capable de convaincre n’importe qui de faire tout ce qu’il voulait. »
« Je pense que, sexuellement, il se servait d’elle, ajoute Jan Satterfield. Il l’utiliser pour répondre à tous ses désirs. »
Kelly explique qu’elle a toutes les raisons de croire aux menaces de Jerry.
Extraits de l’Interrogatoire de Kelly Harrod
« Qu’est-ce qu’il a fait à Punkie ?
— Il a dit qu’il s’en était occupé. »
Kelly en est persuadée :
Jerry a tué Punkie pour se servir d’elle.
« Punkie devait disparaître parce qu’il se tenait entre Jerry et Kelly., souligne Glenn Hopper. »
« J’avais l’impression qu’il aurait pu me tuer sans sourciller s’il en a envie, se souvient Kelly Harrod. Ma vie est devenue un enfer. Et la vie de Tammy est devenue un enfer. Je devais partir. »
Kelly explique ensuite que malgré son déménagement, les agressions n’ont pas cessé. Un jour Jerry se serait rendu chez elle pour avoir des relations sexuelles. Et quand elle aurait refusé, il l’aurait attaquée.
« Jerry l’a étranglée tellement fort qu’elle a perdue connaissance, décrit Glenn Hopper. Elle a appelé les secours. La police a constaté les violences domestiques. Et Jerry a été arrêté. »
Après la libération de Jerry, Kelly obtient un ordre de restriction contre son agresseur. Mais elle craint encore pour sa sécurité.
« Je ne lui fais pas confiance… Je peux pas, ajoute Kelly Harrod lors de son interrogatoire. S’il me cherche, c’est pas pour coucher avec moi. C’est soit pour me menacer, soit pour me tuer. Il faut l’enfermer. »
Si Kelly dit vrai si Jerry a véritablement avoué avoir tué Punkie, alors les enquêteurs doivent le trouver au plus vite. Mais ça ne sera pas tâche facile.
« On a vite compris que Jerry et Tammy Trussell étaient du genre à déménager tous les trente jours, indique Glenn Hopper. Ils louaient une maison. Ils emménageaient. Et quand il fallait payer le loyer, ils partaient ailleurs. Ça nous prenait beaucoup de temps de suivre leurs déplacements. »
Mais avant même que les enquêteurs ne le trouvent, Jerry apprend qu’il est recherché et se rend au poste où il nie tout en bloc.
« Non, confie Jan Satterfield. Il n’a rien avoué. En gros, il a dit : ‘C’est mon meilleur ami. Je ne sais pas où il est parti.’ Et puis, il a demandé un avocat. Et il a refusé de parler. »
Les autorités n’ont pas le pouvoir de l’arrêter.
« Sans corps et sans la moindre preuve qu’un homicide avait eu lieu, on ne pouvait pas le poursuivre, poursuit Jan Satterfield. Et il a fallu continuer de mener l’enquête comme si c’était une simple disparition. »
L’affaire est de nouveau dans une impasse. Trois ans après la disparition de Punkie, Kelly Harrod
rencontre James Bishop.
« Ils se sont mariés en 2000, affirme Corina Bishop. Au mois d’août je crois. »
Kelly fait prendre à ses filles le nom de Bishop. A la même époque, Tammy Crowe épouse Jerry Trussell.
En 2001, le bureau du shérif du comté de Butler rouvre l’affaire et en confie la résolution aux enquêteurs Randy Coofman et Glenn Hopper.
« C’était traité comme une disparition, observe Glenn Hopper. Mais on était quasiment sûrs que c’était un homicide. »
Les policiers passent en revue les déclarations des proches de Punkie et écoutent le mystérieux témoignage téléphonique de 1997 selon lequel Punkie a été assassiné.
« Ce qui m’a le plus marqué dans cet enregistrement, c’est que l’homme a une voix très aiguë et un défaut d’élocution, précise Glenn Hopper. Il butait sur certains noms. Et je l’ai noté. »
Les enquêteurs découvrent rapidement que la famille de Punkie a toujours refusé de lâcher l’affaire.
« Franck Harrod, le père de Punkie, appelait souvent le bureau du shérif, relate Glenn Hopper. Et il mettait la pression aux policiers pour que l’enquête soit poursuivie. »
« Je leur ai dit : ‘Putain ! déclare Franck Harrod. Retrouvez mon fils !’ Et ils essayaient. C’étaient des bons flics. Ils ont pas fait de la merde. »
Et Franck n’est pas le seul à vouloir en savoir plus.
« Tammy aussi s’y intéressait, détaille Glenn Hopper. On a trouvé ça bizarre qu’elle appelle aussi souvent pour savoir si on avait des pistes, si on avait quelque chose, si on pouvait lui dire quoi que ce soit. »
Mais les enquêteurs remarquent également qu’une personne n’a pas appelé une seule fois le bureau au cours des quatre dernières années : l’épouse de Punkie, Kelly, remariée et désormais connue sous le nom de Kelly Bishop.
« Elle n’a jamais appelé le bureau du shérif, rappelle Glenn Hopper. Elle n’a jamais voulu savoir ce qui lui était arrivé, où en était l’enquête. Rien du tout. Elle est devenue suspecte à ce moment-là parce que… parce qu’elle s’en fichait complètement. »
Quatre ans après la disparition de Punkie Harrod en 1997, les enquêteurs du comté de Butler contactent les parents de la victime, Franck et Blanca Harrod. Ces derniers leur expliquent que le mariage de leur fils avec Kelly battait de l’aile et que le couple s’est temporairement séparé au début de l’année 1995.
« Un jour, il m’a appelé… Il était en larmes, constate Franck Harrod. Je lui ai demandé ce qui se passait… Et il m’a dit : ‘Elle est partie ! Kelly est partie !’ Elle avait pris les enfants. »
« Je ne sais pas pourquoi, mais ma mère a décidé qu’elle voulait plus qu’on soit une famille et que c’est mon père le problème., témoigne Corina Bishop. »
« Punkie a demandé le divorce, note Randy Coofman. Mais il voulait la garde exclusive. Et ça, c’était un problème pour Kelly. »
« Elle est partie, explique Blanca Harrod. Et puis, elle est revenue. Punkie a annulé sa demande, et ils se sont remis ensemble. »
« Un peu plus tard, Tammy et Jerry se sont installés chez eux, raconte Franck Harrod. Kelly a changé. Et je pense que Punkie ne lui faisait plus confiance. »
Les parents de Punkie expliquent que leur fils n’a jamais rien vu, mais qu’ils soupçonnaient une liaison entre Jerry et Kelly. Kelly a raconté aux enquêteurs que Jerry la violait. Mais leur relation est-elle en fait consentie ?
Les enquêteurs font le tour d’un quartier où ont demeuré Jerry et Tammy avant de vivre chez Punkie lorsqu’ils font une étonnante découverte.
« Randy Coofman a frappé chez un voisin, précise Glenn Hopper. Et c’est un certain Jerry Wilson Jr. qui lui a ouvert. Il a commencé a parlé et il bégayait. Il butait un peu et il avait une voix aiguë. On a parlé deux ou trois minutes et on a compris que c’était lui qui avait appelé la police. Je lui ai demandé : ‘Pourquoi vous n’avez jamais rappelé ?’ Il n’a pas hésité une seconde. Il m’a dit : ‘J’ai eu peur qu’il me tue si je disais quoi que ce soit.’ Jerry Wilson avait entendu Jerry Trussell préparer le meurtre de Punkie. »
Jerry Wilson raconte que c’est quelques semaines après avoir entendu les menaces de Jerry Trussell
qu’il a vu les affiches que les parents de Punkie ont accrochées dans la ville. Il a donc appelé la police, mais n’a pas trouvé le courage de rappeler le lendemain.
« Il avait peur de Jerry Trussell, témoigne Glenn Hopper. Il disait qu’il était fou, qu’il était complètement imprévisible, qu’il était capable de n’importe quoi et qu’il aurait très bien pu tuer Punkie. »
Les enquêteurs s’apprêtent à partir à la recherche de Jerry Trussell lorsqu’ils reçoivent un appel inattendu. Son épouse, Tammy Trussell, est prête à leur parler.
« Elle avait besoin de parler, se souvient Randy Coofman. Elle ne pouvait plus garder ça pour elle. Ça lui pesait trop. »
Tammy confirme aux autorités que Kelly et Jerry ont commencé à se fréquenter au printemps 1997. Elle raconte que le 28 juillet, Jerry a révélé la relation à Punkie devant la maison que les couples partageaient. Selon Tammy, Kelly et elle sont restées à l’intérieur.
« Jerry a dit à Punkie qu’il entretenait des relations sexuelles avec son épouse et qu’elle est enceinte de lui, se souvient Glenn Hopper. »
« Punkie a dit : ‘J’en ai marre… de ces conneries, ajoute Tammy Trussell. On est censés être amis.’ »
« Jerry a commencé à se battre dehors avec Punkie, souligne Jan Satterfield. Il l’a frappé plusieurs fois. »
« Ma fille était là, décrit Tammy Trussell. Ses enfants étaient là. On essayait de les garder à l’intérieur pour pas qu’ils entendent la dispute. Et puis, il y a eu un bruit… comme un pétard. »
Tammy comprend rapidement que c’est un coup de feu. Elle déclare que Kelly et elle se trouvent toujours à l’intérieur lorsque Jerry rentre seul dans la maison.
« Il est revenu… Il a regardé Kelly… Et il a hoché la tête., indique Tammy Trussell. »
Pour Tammy, se hochement de tête est significatif : Kelly et Jerry a prévu de tuer Punkie. Elle explique ensuite que Jerry lui aurait ordonné de l’aider et qu’elle a vu dans la benne du pickup une forme dissimulée sous une bâche de toit bleue.
Extraits de l’interrogatoire de Tammy Trussell
« Il l’a roulé dans la bâche et mis dans le pick-up ?
— J’ai jamais vu le corps.
— Mais vous avez vu les baskets dépasser de la bâche, c’est ça ?
— Ouais. »
Jerry l’aurait ensuite forcée à le suivre pour se débarrasser du corps.
« Ils ont conduit dans une zone reculée et ils l’ont enterré au bord de la rivière, confie Glenn Hopper. Avec mon collègue, on a embarqué Tammy et on lui a demandé de nous guider jusqu’au lieu où Punkie aurait été enterré. Mais elle m’a dit Jerry lui avait dit qu’il reviendrait pour déplacer le corps pour l’enterrer ailleurs. On s’est dits qu’on avait peu de chance de trouver des os ou quoi que ce soit, mais on a quand même fait venir la brigade cynophile et une équipe de recherche. On a regardé partout, mais on n’a rien trouvé. Les efforts de l’équipe de recherche étaient intenses, mais ils ne donnaient rien. Alors un dimanche, j’ai profité du beau temps et j’ai pris ma journée pour aller chercher tout seul. J’ai regardé vers la berge ouest de la rivière. J’ai vu un morceau de bâche bleue sortir du sol. Je me suis rapproché. J’ai frotté la terre et j’ai trouvé des œillets et une corde à l’intérieur. C’était la bonne couleur. »
La bâche partiellement enterrée correspond à celle que Jerry aurait utilisé pour transporter le corps de Punkie.
« J’ai prévenu mon supérieur de l’époque, le shérif, poursuit Glenn Hopper. On a appelé l’équipe de police technique et scientifique, et ils l’ont apportée au labo. »
Les enquêteurs convoquent Jerry Trussell, mais l’entretien ne dure pas.
« Je lui ai demandé : ‘Qu’est ce qui est arrivé à Punkie ?’ Et à ce moment-là, il a dit qu’il voulait partir., ajoute Glenn Hopper. »
« Il a demandé un avocat, souligne Jan Satterfield. Et après ça, on ne peut plus vraiment lui parler. Il refusait d’ouvrir la bouche. »
Sans la moindre preuve, les enquêteurs n’ont d’autres choix que le laisser partir. Ils tournent alors leur attention vers Kelly Bishop.
« Elle ne nous a pas aidé, décrit Randy Coofman. Elle nous a juste dit : ‘J’ai rien vu. J’ai rien entendu.’ »
« Et à un moment, elle m’a coupé et elle a dit : ‘Vous voulez savoir si j’en ai quelque chose à faire de ce qui est arrivé à Punkie ? affirme Glenn Hopper. Je m’en fiche… complètement tant qu’il fait plus partie de ma vie.’ »
La police scientifique partage les résultats d’analyse de la bâche qui révèlent d’intéressants détails.
« Ils ont retiré tous les débris et toutes les saletés et ils ont trouvé des cheveux humains, observe Glenn Hopper. La bâche et les cheveux ont été analysés. Mais évidemment, ils étaient vieux et ils avaient subi la météo. »
« On n’a jamais pu confirmer que les cheveux appartenaient à Punkie parce qu’il ne restait aucun ADN., relate Randy Coofman. »
« Mais on a pu nous dire qu’ils sont humains et qu’ils appartenaient sûrement à un homme d’origine latino-américaine., indique Glenn Hopper. »
Punkie Harrod est d’origine latino-américaine.
« Ça correspondait à ce qu’on nous avait dit, déclare Jan Satterfield. Mais c’étaient pas des preuves. »
« Le procureur de l’époque a décrété que ce n’était pas suffisant pour le faire arrêter., détaille Glenn Hopper. »
Les enquêteurs cherchent désespérément le détail qui leur permettra d’élucider l’affaire. Au mois de mai 2004, ils tentent le tout pour le tout pour essayer de faire juger le ou les assassins de Punkie.
« On savait que c’était un peu notre dernière chance de les faire parler les uns contre les autres., rappelle Glenn Hopper. »
« La machine était lancée., constate Jan Satterfield. »
Les enquêteurs pensent que Kelly, l’épouse de Punkie Harrod, et leurs amis, Jerry et Tammy, sont tous impliqués dans le meurtre. Mais les cheveux humains découverts dans la bâche ne contiennent plus aucun ADN. Les enquêteurs leur trouvent alors une autre utilité.
« C’est devenu un outil de pression, note Glenn Hopper. Je leur ai dit : ‘On va comparer votre ADN à celui des cheveux. Quand on aura trouvé une correspondance, l’un de vous finira en prison.’ »
Mais les suspects ignorent qu’il s’agit là d’une ruse.
« C’était la première fois qu’on les réunissait, explique Glenn Hopper. On les a installés les uns en face des autres pour qu’ils se voient. Et l’infirmière a commencé. Quand elle est arrivée à Tammy, Tammy a avoué. »
Mais cette fois, elle offre une version bien différente de la précédente. Celle selon laquelle Jerry a tiré sur Punkie.
« Je pense que Tammy n’en pouvait plus, raconte Glenn Hopper. Elle savait qu’il était temps de parler. Et elle nous a dit : ‘Je l’ai tué.’ »
Jerry et Kelly restent en garde à vue pendant que Tammy est emmenée en salle d’interrogatoire. Elle explique alors aux autorités que tout a commencé lorsque Kelly a déclaré vouloir mettre fin à sa relation avec Punkie et que, pour cela, elle souhaitait se débarrasser de son mari.
« Elle a dit quelque chose du genre… qu’elle voulait qu’il disparaisse de la surface de la terre, précise Tammy Trussell. »
Tammy aurait alors répété le terrible vœu de Kelly à Jerry.
« Tammy lui a dit : ‘Kelly veut se débarrasser de Punkie.’ Elle ne veut plus être avec lui.’ C’est tout ce dont il avait besoin pour prendre les choses en mains., témoigne Jan Satterfield. »
Tammy raconte ensuite que Kelly a déjà réfléchi à un moyen de rémunérer Jerry pour qu’il s’occupe de Punkie à sa place.
« Vers la fin du mois de mars… je sais qu’elle a parlé d’offrir… des relations sexuelles à Jerry, se souvient Tammy Trussell. »
« Kelly n’avait pas d’argent ni de travail, ajoute Glenn Hopper. Donc… pour payer Jerry Trussell pour cet acte ignoble, il lui a proposé de coucher avec lui. »
Tammy explique ensuite que le 28 juillet 1997, Jerry se serait décidé à réaliser le souhait de Kelly. Tammy aurait donc regardé Jerry provoquer la dispute avec Punkie. Mais dans cette nouvelle version, elle ne se serait pas contentée d’entendre le coup de feu.
Extraits de l’interrogatoire de Tammy Trussell
« Punkie l’avait plaqué au sol, souligne Tammy Trussell. Et je sais pas… comment j’ai su que l’arme était dans le pick-up. Mais je le savais. Je suis allée. Je l’ai attrapée. Et Jerry a crié : ‘Tire ! Tue-le !’ Je savais pas quoi faire… Il a dit : ‘Tue-le ou je te tue !’ Et alors… j’ai tiré. »
« On s’intéressait à Jerry parce qu’on croyait que c’était lui qui s’était occupé de Punkie, décrit Glenn Hopper. Mais en fait, c’était Tammy qui l’avait tué. »
Le parquet place Tammy Trussell, Jerry Trussell et Kelly Bishop en est d’arrestation pour le meurtre de Punkie Harrod.
« Ils avaient tous comploté, indique Randy Coofman. Ils étaient de mèche. C’est Kelly qui avait tout déclenché quand elle avait dit à Tammy : ‘On doit se débarrasser de Punkie.’ »
« Et Jerry avait décidé du quand, comment, de tout., confie Jan Satterfield. »
« J’étais sous le choc, poursuit Reanna Bishop. J’étais furieuse. Elle m’avait trahie. »
« A ce moment-là, tout s’est éclairé, affirme Corina Bishop. Je me suis souvenu de chaque mensonge qu’elle m’avait dit. Ma mère m’a toujours menti. Je comprends pas. Ça n’a aucun sens. »
« Sa famille voulait que les trois soient condamnés, observe Jan Satterfield. Et c’est tout à fait compréhensible. Ils voulaient qu’ils soient condamnés à la perpétuité pour meurtre avec préméditation. »
Mais sans corps, une telle issue n’est pas envisageable. Et le parquet le sait.
« Il fallait obtenir le témoignage de Tammy et de Kelly, relate Jan Satterfield. Mais pour ça, il allait falloir négocier. »
« Kelly a accepté de témoigner contre Tammy et Jerry, déclare Randy Coofman. Et Tammy a accepté de témoigner contre Jerry et Kelly. »
En 2006, Tammy plaide coupable de complicité de meurtre et homicide involontaire contre une peine de 136 mois de prison. Kelly nie toute activité criminelle. Elle sait que les autorités n’ont ni corps, ni preuve de sa culpabilité. Alors ses avocats et elle passent un
accord. La même année, elle plaide coupable d’appel au meurtre contre une maigre peine de 32 mois d’enfermement. Pour les proches de Punkie, la pilule est difficile à avaler.
« Je suis persuadée que c’est ma mère qui a tout organisé, détaille Reanna Bishop. Si elle n’avait pas ouvert la bouche, il serait toujours là. »
« Kelly, c’est elle qui voulait sa mort., rappelle Franck Harrod. »
« Elle méritait la perpétuité., constate Blanca Harrod. »
Le 7 juillet 2005, Jerry est finalement accusé de meurtre au premier degré et de complot en vue de commettre un meurtre au premier degré. Le procès commence le 10 octobre 2006. Au cours de ce procès, le tribunal de district supprime une déclaration du 19 novembre 2001 que Jerry a faite à l’enquêteur Glenn Hopper, estimant qu’elle provient d’un interrogatoire en garde à vue au cours duquel il n’a pas été informé de ses droits Miranda. Le jury ne parvient pas à un verdict unanime, et le tribunal annule le procès.
Un nouveau procès commence le 18 juin 2007. L’État dépose une requête pour reconsidérer la décision du tribunal de supprimer la déclaration de Jerry à l’enquêteur Hopper. Le tribunal accepte cette requête et décide que la déclaration peut être admise. Le jury condamne Jerry pour les deux chefs d’accusation. Le tribunal condamne Jerry à une peine de prison à vie de 25 ans pour meurtre et une peine de prison consécutive de 146 mois pour complot.
« Jerry Trussell sait sûrement où se trouve le corps de Punkie, note Randy Coofman. Et il refuse de le dire. Donc sa famille ne peut pas l’enterrer. »
« Je pourrai faire mon deuil quand je vais enterrer le corps de mon fils, explique Blanca Harrod. Il me faut le corps. J’en ai besoin. Sans ça… c’est impossible. »
« Je comprends vraiment pas comment elle a pu nous voler un fils, un père, un potentiel grand-père, comme ça, raconte Reanna Bishop. Je pense qu’elle ne comprend toujours pas bien comme c’était égoïste. Je ne veux plus jamais la voir. »
Tammy Trussell a purgé sa peine et a été libérée de prison le 14 mars 2017. Jerry Trussell est enfermé depuis 19 ans. Il pourra faire une demande de liberté conditionnelle en 2032. Kelly Bishop a été libérée de prison le 19 février 2011. Ses deux filles aînées ont coupé les ponts avec elle.
@ker_gauthier
