Au mois de janvier 2008, comme presque tous les ans, la ville ensoleillée de San Diego accueille l’Action Sports Retailers Convention, un immense salon de sport extrême.
« C’est un événement qui est vraiment très important pour tous les acteurs de l’industrie du sport extrême. Il y a plein de choses à faire. Il y a tout un tas d’événements, explique Amy Rasmussen. »
« L’industrie du surf était en pleine croissance à cette époque. Et plein de marques qui étaient présentes sur le salon organisaient des soirées après la journée de travail, raconte Jessica Bowland. »
Le 25 janvier, alors que le salon prend fin, les bars de la ville se remplissent de fêtards.
« Je suis allée à San Diego pour passer la soirée avec mes amis du milieu, précise Amy Rasmussen. »
« Avec Amy, on ne travaillait pas dans le surf. Mais on avait plein d’amis qui le faisaient. Donc on voulait y aller. C’était juste l’occasion de profiter des festivités, témoigne Jessica Bowland. »
« On s’est retrouvés dans un premier bar avec six autres amis de Huntington Beach pour boire quelques verres ensemble. Ce soir-là, mon ami Dane était avec nous. Et c’était super parce qu’il adorait s’amuser. Dane faisait un stage dans son entreprise. Il conduisait leur mini-van. Il faisait un peu de tout. A l’époque, c’était une grosse marque un peu artistique. Il s’y sentait vraiment bien. Il avait trouvé sa place, se souvient Amy Rasmussen. »
« Notre ami Brandon travaillait pour la même entreprise que lui depuis déjà un moment. Il connaissait beaucoup de monde dans le milieu. Les gens qui travaillaient dans le surf sont tous à peu près dans la même longueur d’onde. Donc Dane et Brandon passaient la meilleure soirée de leurs vies. Brandon lui montrait les ficelles, ajoute Jessica Bowland. »
« Il y avait beaucoup de monde. Donc on a pris quelques verres dans ce premier bar. Et puis, on est partis dans un deuxième bar, souligne Amy Rasmussen. »
« On a dû aller là-bas vers… 23h, quelque chose comme ça, raconte Jessica Bowland. On était une dizaine à ce moment-là. On a pris plusieurs voitures. Donc on n’est pas tous arrivés au bar en même temps. »
« Quand on est arrivés, je suis montée avec Jenny et deux ou trois autres amis. A ce moment, je ne savais pas encore qu’il y avait bar à l’étage et un autre au rez-de-chaussée. Brandon et Dane, eux, ils sont allés au rez-de-chaussée. On ne les a pas retrouvés sur place. Mais ça ne nous a pas inquiété parce qu’on connaissait plein de monde au bar. Donc on s’est dit qu’il avait dû tomber sur des collègues ou un autre groupe d’amis. On est restés. On a bu quelques verres. Et puis, avec Jenny, on s’est dit qu’on allait essayer de retrouver Brandon et Dane. Mais on n’a pas réussi. On est allés voir s’ils étaient à l’hôtel. Mais ils n’y étaient pas. Donc on a fini par rentrer à la maison, décrit Amy Rasmussen. »
« Le lendemain, je me suis levée et je suis allée au travail comme d’habitude. Mais à un moment j’ai reçu le message de quelqu’un qui me demandait si on avait des nouvelles de Dane. Brandon a dit que son téléphone était éteint et qu’il n’était jamais rentré à l’hôtel, indique Jessica Bowland. »
« Je me suis dit qu’il avait peut-être passé la nuit ailleurs et qu’il n’avait pas mis son réveil, et qu’il n’avait plus de batterie et que son réveil n’avait pas sonné, confie Amy Rasmussen. »
« Brandon a pu avoir accès à la chambre d’hôtel de Dane. Toutes ses affaires étaient là-bas, poursuit Jessica Bowland. »
« Et puis, Dane n’est pas allé au travail. C’était bizarre parce qu’il ne ratait jamais le travail. Il adorait son boulot. J’ai appelé Valen pour lui en parler, pour lui dire qu’on ne trouvait pas son fils. Je me suis dit… qu’à sa place j’aurais voulu qu’on me prévienne, affirme Amy Rasmussen. »
« Amy m’a appelée le samedi pour me demander si Dane était chez moi. Elle a commencé à pleurer. Elle m’a dit que personne n’avait de nouvelles de lui depuis la veille. J’ai tout de suite essayé de l’appeler et je suis tombée sur sa messagerie. C’était très mauvais signe. La deuxième chose à faire, c’était appeler la police. Je savais qu’il s’était passé quelque chose. Il aurait dû être au travail le samedi matin. Il n’aurait jamais raté le travail peu importe ce qu’il avait fait la veille. Il était en déplacement professionnel. C’était sa première convention. Il était surexcité. Je n’ai pas bougé jusqu’au lendemain. J’ai passé tout mon temps à l’appeler et à lui écrire. C’était horrible, observe Valen Williams. »
Les proches de Dane signalement sa disparition auprès de la police, puis arpentent les rues de Gaslamp, le centre historique de San Diego où le jeune a été vu pour la dernière fois.
« On a sillonné tout San Diego. Je suis même allé sur les quais où était installé le Palais des Congrès. Dane faisait beaucoup de surf. Et je me suis dit que quelqu’un avait peut-être vu quelque chose. J’espérais que tout aille bien. Mais je ne trouvais rien, relate Jim Williams. »
« Avec Jessica et d’autres personnes, on a imprimé une photo de lui de ce jour-là. On est allés à San Diego et on l’a affiché dans tout le Gaslamp, déclare Amy Rasmussen. »
« C’était bizarre. Il s’était juste volatilisé, détaille Jessica Bowland. »
« Deux journées plus tard, les policiers n’avaient toujours rien trouvé. Et ils se sont dit que c’était peut-être une disparition volontaire. C’était très mystérieux dès le départ. Mais à 10Km du Gaslamp, dans le quartier de City Heights, un promeneur de chiens a trouvé un SDF enroulé dans une couverture dans une ruelle. Le promeneur s’est approché pour vérifier s’il allait bien. Et l’individu n’a eu aucune réaction. Le promeneur a fini par appeler les secours. L’individu ne semblait pas être vivant, rappelle Chris Epting. »
« Mon supérieur m’a appelé pour me dire qu’ils avaient trouvé un corps dans une ruelle. Il devait être 7h20 du matin. L’endroit où le corps a été trouvé était extrêmement surprenant. C’était dans une ruelle assez excentrée. Ce n’est pas le genre d’endroit où il y a beaucoup de passages. C’est le genre d’endroit où on ne va qu’en voiture. Le corps était froid. Le cœur ne battait plus. Après le passage du médecin légiste, on a pu approcher le corps et retirer la couverture sale dans laquelle il était enroulé. Vu comment il était emmailloté, il était impossible qu’il s’y soit enroulé tout seul. C’était comme si on l’y avait enroulé. C’était un homme jeune. Il était habillé. Il ne portait aucune
trace de coups visibles à l’œil nu. J’ai remarqué qu’il y avait plein de poils sur la couverture, qu’elle en était couvert, de chiens ou de chats. On ne savait pas. On a pu les prélever. L’élément le plus important qu’on a trouvé, c’était les traces de pneus. Elles étaient à proximité du lieu de la découverte du corps. Si on a des traces de pneus, c’est souvent que le corps a été déposé là. Il portait un t-shirt au nom de l’entreprise de Dane. Et c’est ça qui nous a mis tout de suite la puce à l’oreille. La dernière fois que Dane a été vu, il portait le même t-shirt que la victime. On a tous pensé… que c’était lui, constate Sandi Oplinger. »
Les premiers indices semblent corroborer qu’il s’agit bien de Dane Williams. Les enquêteurs appellent sa famille pour faire identifier le corps.
« La police m’a appelé et m’a dit :’Monsieur Williams nous avons des nouvelles. On a trouvé un corps enroulé dans une couverture et abandonné dans une ruelle.’ Mon frère m’a proposé de s’occuper d’aller identifier le corps à la morgue. Je n’en avais pas envie. Ce n’était pas le souvenir que je voulais garder de lui. Dane avait 23 ans. Il n’avait pas fini ses études. Il faisait son stage. Il faisait souvent du surf. Il faisait du snow. Il avait la vie dont il rêvait, note Jim Williams. »
« Il donnait une image de gamin intrépide. Mais c’était un garçon très sensible et très gentil et très drôle. Il faisait rire tout le monde, explique Valen Williams. »
« Dane était un garçon authentique. On sentait tout de suite que c’était quelqu’un de bien. Il adorait s’amuser, raconte Jessica Bowland. »
« C’était un être… lumineux, précise Amy Rasmussen. »
Valen Williams témoigne : « Comment est-ce que ça avait pu arriver ? »
« Quoiqu’il s’était arrivé à Dane, je savais qu’il ne s’était pas suicidé. Il avait forcément été victime d’un crime. J’en était persuadé. Je ne peux vous dire… comment, ni pourquoi. Mais je le savais. Il lui était arrivé quelque chose, se souvient Jim Williams. »
« L’autopsie a permis de déterminer que Dane était décédé un à trois jours plus tôt. A ce stade, on ignorait complètement quelle pouvait être la cause de la mort et on n’était même pas sûrs que ce soit un homicide. C’était possible mais on n’en était pas sûrs. On a demandé au médecin légiste de chercher des traces de substances toxicologiques. Ça ne nous a pas ralenti parce que pendant ce temps, on a parlé avec ses collègues. On a vérifié les alibis. On a essayé de trouver la moindre petite trace d’indice, ajoute Sandi Oplinger. »
« Les policiers nous ont demandé ce qu’il s’était passé ce soir-là. Et on a essayé de leur fournir le plus d’informations possibles, souligne Amy Rasmussen. »
Les enquêteurs s’entretiennent alors avec la dernière personne qui aurait vu Dane en vie, son ami et collègue Brandon Guilmette.
« On a interrogé Brandon. C’était un bon ami de Dane. Quand on lui a parlé. Il nous a dit que le 25 janvier, Dane et toute l’équipe étaient allés dans un premier bar, et que, vers 23h, ils étaient allés dans un autre, mais qu’ils s’y étaient perdu. Pendant qu’ils étaient au bar, Brandon et Dane ont bu des shots de tequila. Après le dernier shot, vers 1h30, Brandon a dit à Dane qu’il allait rentrer, qu’il était fatigué. Ils sont partis chacun de leur côté. Tout allait bien. Brandon n’avait pas trouvé que Dane avait l’air ivre. Il ne marmonnait pas. Il tenait debout. Il ne perdait pas l’équilibre. Brandon avait l’air inquiet. Mais on n’était pas sûrs de croire ce qu’il nous disait sur l’état d’ivresse de Dane. D’après d’autres témoins dans le bar, Dane était très enivré. Ça n’avait rien à avoir avec ce que nous
racontait Brandon. Quand il y a des incohérences, on se demande toujours ce qu’il s’est vraiment passé, décrit Sandi Oplinger. »
Les enquêteurs s’interrogent. Brandon tenterait-il de leur cacher ce qu’il s’est vraiment passé après leur départ du bar ?
« On a vérifié les images de surveillance du bar où ils étaient allés et de l’hôtel où ils dormaient qui ont corroboré l’alibi de Brandon. Sur les images, on le voyait entrer dans l’hôtel, monter dans sa chambre et ne plus en sortir jusqu’au lendemain matin. On était sûrs qu’il n’avait pas quitté sa chambre. On en a déduit que Brandon était aucunement impliqué dans la disparition ou le meurtre de Dane. On a fini par trouver un extrait vidéo où on voyait Dane avec des amis. Et plus tard, on le voyait quitter le deuxième bar. Après ça, on n’avait plus aucune image de lui accompagné, indique Sandi Oplinger. »
« On le voyait errer dans le Gaslamp sur plusieurs vidéos jusqu’à 3h du matin, très clairement sous l’emprise de l’alcool. Il était visiblement ivre. Il zigzaguait sur le trottoir et est même tombé à quatre pattes à un moment donné. A un moment, on le voyait tourner dans une rue. Et c’est la dernière image qu’on a de lui, confie Gretchen Gaspari. »
« Quand on a reçu toutes ces images et qu’on a eu une idée de l’heure à laquelle il avait pu disparaître, on espérait qu’on allait pouvoir trouver plus d’informations. Mais malheureusement, ça s’est arrêté là. Après 3h, Pouf ! Plus rien, poursuit Sandi Oplinger. »
« On était mentalement épuisés. Il n’y avait aucune piste sérieuse. C’était très difficile à accepter, affirme Jim Williams. »
« On avait imprimé la photo de Dane. On l’avait accrochée dans notre bureau. Et on avait écrit ‘Ne m’oubliez pas’. Et… c’était très important. Il était hors de question qu’on abandonne, observe Sandi Oplinger. »
Les enquêteurs repassent en revue tous les indices et essayent de déceler des nouveaux éléments. Il faut attendre deux mois avant que les indices ne leur permettent de trouver une autre piste.
« Deux mois pile après la disparition de Dane, on a enfin reçu les résultats d’analyse du médecin légiste. D’après les analyses, Dane était positif au diazépam et à la quinine, et il avait 0,17g d’alcool dans le sang. Tout ces produits s’attaquent au système nerveux central. Quand ils sont mélangés, l’individu peut perdre connaissance. Dane avait été drogué. Et c’est qui avait causé sa perte. Il avait été victime d’un crime, relate Sandi Oplinger. »
Les enquêteurs remontent le fil des dernières heures du jeune dans Gaslamp. Ils espèrent trouver de nouveaux témoins.
« On a ratissé tout le quartier autour du palais des Congrès et du deuxième bar où ils sont allés. Au cours de l’enquête, deux femmes sont venues témoigner. Elles nous ont dit qu’elles avaient vu Dane ce jour-là à 3h du matin. Il était dans un état second, avachi contre un mur. Elles lui ont demandé s’il allait bien. Il avait l’air extrêmement ivre. Les deux jeunes femmes nous ont dit qu’elles n’avaient pas voulu appeler la police pour qu’il ne se fasse pas arrêter pour ivresse sur la voie publique, et qu’elles l’avaient laissées là avant de rejoindre leurs propres amis. C’était les deux dernières personnes connues à l’avoir vu. Elles nous ont aussi assuré que Dane ne portait pas de bonnet quand elles l’avaient vues. C’était très intéressant. Elles l’avaient vues à 3h sans bonnet. Mais 72h plus tard, il était enroulé dans une couverture et il portait un bonnet. Personne ne savait d’où venait ce bonnet ou comment Dane, qui errait dans le Gaslamp, avait pu être retrouvé mort à City Heights. Ce bonnet était très important. Donc on l’a fait analyser. On a cherché des traces d’ADN, quoique ce soit qui puisse nous indiquer avec qui Dane avait été en contact cette nuit-là. Les analyses ont permis de déceler la présence de sperme sur le bonnet. Mais ce sperme n’était pas à Dane. On a pu comparer l’échantillon à la base de données nationale pour voir s’il y avait une correspondance. On s’est dit qu’on avait une chance. Mais on n’a rien trouvé. Rien ne marchait. On n’avait aucun élément, rien qui nous permette d’identifier le suspect, déclare Sandi Oplinger. »
La famille de Dane, qui veut à tout pris des réponses, décident de prendre les choses en main.
« J’ai suivi mes propres pistes. Je sentais au fond de moi que Dane avait été tué volontairement. Mais il n’y avait aucune raison. On ne savait pas comment il était mort. On ne savait ce qu’il s’était passé. Je ne savais pas ce qui lui était arrivé. Mais il fallait chercher plus loin. Tout un tas de gens disaient qu’ils étaient médiums, voyants. J’ai commencé à les croire et à me dire que peut-être ils pouvaient m’aider. Une personne en particulier a retenu mon attention. Et elle travaillait avec la police, si surprenant que ce soit. Elle a dit que Dane a été victime d’un homme d’origine asiatique, un homme homosexuel qui conduisait un monospace blanc. Je l’ai écouté. J’ai foncé. Je voulais savoir ce qu’il s’était passé, détaille Valen Williams. »
« On a reçu un appel des parents de Dane. Ils avaient parlé avec une voyante qui leur avait donné des informations qu’ils considéraient importantes. On était près à tout et n’importe quoi pour clore cette affaire. Alors on a accepté de la rencontrer. Elle est venue au bureau et elle nous a répété ce qu’elle avait raconté à la famille de Dane. Elle nous a dit qu’on cherchait un homme originaire de Polynésie, peut-être de Tonga qui pêchait dans la Marina de San Diego. Un enquêteur d’une autre équipe écoutait notre conversation. Et il est venu nous dire : ‘Il y a un type que je connais dans le Gaslamp. Il est violent, un peu fou et Tongien.’ Et il aime pêcher. On s’est dit :’Oh ! Vraiment ?’ Il nous a donné son nom. Et on a cherché et trouvé une adresse à Point Loma, à côté du quartier de la Marina de San Diego. On est allés frapper chez lui, et un couple nous a ouvert la porte. On leur a demandé s’il le connaissait. On leur a montré une photo. Et ils nous ont dit :’Oui, il s’est occupé de notre maison quand on était en vacances.’ Et puis, on a vu un petit chat passé à côté. Et on s’est dit :’Ah ! Les poils !’ Et comme si ça ne suffisait pas, ils nous ont dit qu’ils leur avaient laissé les clés de son monospace, rappelle Sandi Oplinger. »
En effet, Dane a été retrouvé enroulé dans une couverture remplie de poils d’animal. Et les traces de pneus trouvés à proximité de son corps appartenaient à un monospace.
« Peut-être que l’individu avait eu une altercation avec Dane et qu’il s’en est pris à lui. Malheureusement, on n’a jamais parlé avec ce Polynésien. On n’avait rien qui collait à part ces quelques premiers éléments. Mais on n’allait pas oublier Dane. Il lui est arrivé quelque chose, constate Sandi Oplinger. »
À un moment donné, une récompense de 20 000 dollars est offerte pour toute information menant à l’arrestation d’un criminel. L’organisme San Diego County Crime Stoppers offre 1 000 dollars, Jack’s Surfboards à Huntington Beach 9 000 dollars et Hurley International, l’entreprise de vêtements de surf et de skate où Dane Williams est stagiaire au salon, 10 000 dollars.
Après avoir épuisé toutes leurs pistes, les enquêteurs peinent à trouver des nouvelles informations sur la nuit du meurtre de Dane. L’enquête reste au point mort pendant 1 an et demi. Mais une découverte inattendue à San Diego vient changer la donne.
« Au mois d’août 2009, les enquêteurs ont appris qu’un homme avait été drogué et que l’ADN prélevé dans le cadre de l’enquête correspondait à celui trouvé sur le bonnet que portait Dane. On en a déduit que le tueur de Dane avait récidivé, note Sandi Oplinger. »
« On m’a demandé de m’occuper d’une affaire qui impliquait un aide-soignant dans la Marina. Il avait été agressé sexuellement. Et on a avait trouvé une très grande quantité de benzodiazépine
dans son corps, la même drogue retrouvée dans le corps de Dane Williams. C’est une drogue qui peut vous assommer, surtout si elle est associée à de l’alcool. L’aide-soignant m’a raconté que la nuit où il avait été agressé, il se promenait dans le Gaslamp. Malheureusement, il avait demandé une cigarette à la mauvaise personne. Et c’était là que tout avait commencé. Il a dit que son agresseur était un homme d’une trentaine d’années, asiatique, qui n’éveillait pas du tout les soupçons. Il nous a dit qu’il avait l’air sympa. L’individu lui a proposé de lui faire visiter San Diego. Au cours de la soirée, alors qu’il était dans la voiture du suspect, il a commencé à avoir mal à la tête. Le suspect s’est arrêté dans un magasin pour acheter de l’alcool, et il lui a donné deux cachets. Il lui a dit que les cachets étaient des antalgiques. Alors l’aide-soignant les a pris. Il les a avalés avec l’alcool que le suspect avait acheté. Après ça, ses souvenirs sont devenus flous. Il ne savait plus bien ce qu’il s’était passé. Il a fini par se réveiller dans un endroit étrange. Il ne portait plus de sous-vêtements. Il ne savait pas chez qui il était, ni dans quel quartier il se trouvait. Il avait réussi à sortir et aller prendre un bus pour rentrer sur le camp militaire où il résidait. On a fait des prélèvements sur son corps et ses vêtements pour l’envoyer au laboratoire, explique Michelle Velovich. »
Les échantillons sont analysés et révèlent la présence sur le corps de l’aide-soignant du sperme d’un autre homme.
« Quand on a reçu les résultats du laboratoire, on a eu la confirmation qu’il y avait un lien entre cette affaire et le meurtre de Dane Williams, raconte Michelle Velovich. »
« La victime d’agression sexuelle avait déclaré que le suspect s’était présenté sous le nom de Phil. On devait se dépêcher de découvrir qui était ce Phil. La victime avait toujours le numéro de téléphone du suspect enregistré dans son répertoire. Les enquêteurs ont pu récupérer ce numéro et obtenir une commission rogatoire, précise Sandi Oplinger. »
« On a découvert que le numéro n’était enregistré à aucun nom. C’était un portable prépayé. Mais on a trouvé des éléments qui nous ont mené vers d’autres numéros. Alors on a demandé et obtenu des mandats pour tous ces numéros, témoigne Michelle Velovich. »
« Ils ont fini par parler avec une femme qui avait pu leur dire que le numéro de téléphone était celui de son neveu Philong Huynh qui se faisait appeler Phil. Une fois que Phil a été identifié comme suspect, la police a commencé à mener des recherches sur lui. Il était vietnamien né en 1970. Ça ressemblait aux informations que nous avaient donné la voyante. Il avait fait des études de pharmacie. Donc il s’y connaissait en médicaments et il connaissait les effets des mélanges, se souvient Sandi Oplinger. »
« Dans le cadre de l’enquête, un agent est allé dans le Missouri à l’école de médecine où avait étudié Philong Huynh. Il avait pris plusieurs cours qui lui permettaient de bien comprendre comment la benzodiazépine et les risques liés au mélange de la benzodiazépine avec l’alcool. Un tel mélange paralyse la victime et provoque des pertes de mémoire. La police a aussi appris qu’il
avait été épinglé deux fois d’affilée pour agression sexuelle. Les affaires n’avaient pas été portées devant les autorités. Il n’avait pas été jugé. Mais il avait dû quitter l’école de médecine, ajoute Gretchen Gaspari. »
« Ces nouveaux éléments ont consolidé nos soupçons. C’était un suspect très intéressant. On a fait nos recherches et on a trouvé une adresse. On a appris qu’il vivait chez sa mère, à quelques rues du lieu où le corps de Dane avait été trouvé, souligne Sandi Oplinger. »
« D’après les fadettes, il avait appelé plusieurs entreprises de location de véhicule, décrit Michelle Velovich. »
« La personne qui vivait à cette adresse avait louée un monospace, ce qui collait avec les traces de pneus retrouvées après la disparition de Dane, indique Sandi Oplinger. »
« C’était des éléments très importants. Il semblait que c’était notre suspect, confie Michelle Velovich. »
« Les enquêteurs ont donc conclu qu’ils devraient surveiller Phil, poursuit Sandi Oplinger. »
« Il fallait arrêter cet individu avant qu’il ne fasse d’autres victimes, affirme Michelle Velovich. »
Presque 2 ans après le meurtre de Dane Williams, les enquêteurs en sont persuadés : Philong Huynh est leur suspect.
« Les enquêteurs ont appris que le suspect avait une voiture noire, voiture qu’il avait laissé chez un garagiste. Ils se sont installés devant le garage et ils ont attendu que le suspect arrive. Ils ont attendu de le voir entrer, observe Michelle Velovich. »
« Ils se sont postés devant le garage et ils ont demandé à l’un des employés d’appeler Phil pour qu’il récupère sa voiture. Vers 15h, il y a eu un petit souci. C’est la mère de Phil qui est allé chercher la voiture seule. Les enquêteurs ne savaient toujours pas où se trouvait Phil, relate Chris Epting. »
« Ils l’ont suivis jusqu’au supermarché où une autre personne est arrivé dans une voiture rouge. Les deux individus sont entrés dans le magasin. Et à leur sortie, les policiers ont arrêté le conducteur de la voiture rouge. L’individu en question a nié qu’il s’appelait Philong Huynh. Il leur a donné un autre nom, déclare Michelle Velovich. »
« Mais la photo qu’ils avaient pour Philong Huynh ressemblait au conducteur. Et c’était suffisant pour l’arrêter. Ils savaient ce qu’ils tenaient. Ils savaient qu’ils tenaient leurs preuves, détaille Chris Epting. »
« La police l’a ramenée au poste pour l’interroger. Les enquêteurs lui ont expliqué les faits retenus contre lui. Mais il a assuré ne pas savoir de quoi on lui parlait, rappelle Michelle Velovich. »
Les enquêteurs détiennent enfin Philong pour l’agression sexuelle de l’aide-soignant. Mais ils n’ont que peu de temps pour déterminer si leur suspect est également impliqué dans le meurtre de Dane Williams.
« Les enquêteurs ont obtenu une commission rogatoire pour fouiller sa maison. Il vivait à City Heights, dans le quartier où Dane Williams avait été retrouvé. Quand ils sont allés chez lui, ils ont trouvé une mine d’or, une tonne de preuves. Dans le logement du prévenu et de sa mère, il y avait des tas d’affaires entassées partout, constate Michelle Velovich. »
« C’était plein de papiers, de bouts de papier, de tickets de caisse vieux de 10 ans. Il y avait des sacs entiers de vêtements. Il y avait des flacons de médicaments dans la salle de bain et les placards, des
flacons vides qui avaient contenu soit de la benzodiazépine, soit des médicaments contre la dysfonction érectile, note Gretchen Gaspari. »
« Il menait ses petites expériences pharmaceutiques. Il savait exactement quelle dose utilisée pour que ses victimes perdent connaissance. Il ne garde aucun souvenir de ce qu’il leur a été arrivé. Il savait très bien ce qu’il faisait, explique Chris Epting. »
« Ils ont trouvé un très vieil ordinateur et ils l’ont analysé. Dans l’historique, ils ont trouvé qu’il avait cherché comment acheter de la benzodiazépine sur internet, et qu’il avait entretenu des conversations avec plusieurs personnes qui voulaient en acheter. Il y avait aussi un livre, un livre qui expliquait comment avoir des relations sexuelles avec des militaires hommes hétéros ou homosexuels. Il y avait aussi plusieurs CD qui venaient d’un studio de production pornographique de San Diego. Les propriétaires du studio ont attesté que Philong Huynh avait travaillé chez eux comme informaticien. Un acteur qui avait brièvement travaillé au studio a raconté qu’il avait eu un incident avec Philong. Il l’avait emmené à Tijuana. Il l’avait agressé sexuellement. Quand ils l’avaient arrêté, dans la voiture rouge, les policiers avaient trouvé des flacons de benzodiazépine prescrits à Tijuana, raconte Gretchen Gaspari. »
« C’était extrêmement choquant. C’était sûrement un violeur en série. Les enquêteurs ont aussi trouvé un carnet dans la maison de Philong Huynh. Et ce carnet contenait une liste de tous les gens qu’il avait agressé sexuellement. Ils y ont trouvé le nom de Dane Williams et le nom de l’aide-soignant, précise Michelle Velovich. »
« C’était une liste de victimes. Il avait noté leurs noms mais aussi leurs numéros de téléphone et d’autres coordonnées. Tout était là. Il a donné au policier la liste détaillée de tous les crimes qu’il avait commis, témoigne Chris Epting. »
« Il y avait suffisamment de preuves pour l’arrêter pour agression sexuelle. Mais on devait encore trouver la preuve qu’il était lié au crime commis dans la ruelle où Dane Williams avait été découvert, se souvient Gretchen Gaspari. »
« Dane avait été découvert dans une couverture pleine de poils d’animal. Pendant les fouilles chez Philong Huynh, les policiers ont trouvé une chienne, Lola, et ils ont fait tester sa fourrure. L’ADN correspondait à celui des poils trouvés sur la couverture, ajoute Sandi Oplinger. »
« On avait les poils de Lola, on avait les traces de pneus et on avait l’ADN de Philong Huynh, souligne Gretchen Gaspari. »
« Avec toutes ces preuves, il semblait évident que Philong était sûrement la personne qui avait tué Dane Williams, décrit Sandi Oplinger. »
« Tout collait. C’était lui notre suspect, indique Michelle Velovich. »
Philong Huynh est arrêté le 10 septembre 2009 à 17h05 sans possibilité de libération sous caution. Il est détenu à la prison centrale de San Diego.
Le lieutenant Kevin Rooney de la police de San Diego espère que la récompense soit versée à la deuxième victime, l’aide-soignant. « Je tiens à souligner le rôle crucial de la victime dans cette affaire, déclare-t-il. Il a fait preuve d’un grand courage et nous a été d’une aide précieuse. »
Durant les 17 mois qui se sont écoulés entre le décès de Dane Williams et l’agression sexuelle du 6 juin 2009, les enquêteurs craignent qu’il y ait eu d’autres victimes. Ils diffusent la photo de Philong Huynh dans l’espoir que d’éventuelles victimes n’ayant pas encore porté plainte, ou toute personne disposant d’informations sur l’une ou l’autre affaire, contactent la police au (619) 531-2293.
« On a appris qu’il avait été arrêté. On était… soulagés. C’était tout ce qu’on voulait depuis tout ce temps. Cet individu était clairement dérangé. C’était un véritable prédateur, confie Jim Williams. »
« L’aide-soignant est un héros pour sa parole. Philong Huynh aurait dû être arrêté depuis bien longtemps. Je pense qu’il a fait énormément de victimes. C’est… le diable, poursuit Valen Williams. »
Les enquêteurs ont désormais suffisamment de preuves pour arrêter Philong Huynh pour meurtre. Mais pendant qu’ils fouillent le logement, ils font encore une autre découverte.
« Dans la maison de Philong Huynh, les policiers ont trouvé une clé pour un garde-meuble à une autre adresse. Quand ils ont ouvert la porte, ils ont fait une abominable découverte, affirme Chris Epting. »
Alors que les enquêteurs ont déjà établi que Philong Huynh est impliqué dans le meurtre de Dane Williams, ils trouvent dans un garde-meuble secret la preuve d’une réalité plus diabolique encore.
« Ils ont trouvé plusieurs sacs pleins de vêtements d’hommes, des t-shirts, des sous-vêtements, des affaires de toilette, des montres. Et puis, ils ont trouvé la montre de Dane Williams, observe Sandi Oplinger. »
« Quand on a trouvé tous ces trophées, on a vite compris que Philong Huynh serait devenu tueur en série si on ne l’avait pas arrêté, relate Michelle Velovich. »
« C’était un sadique. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait pour son plaisir sexuel. Il a détruit des vies pour arriver à ses fins, déclare Chris Epting. »
« Le 10 septembre 2009, Philong Huynh a été inculpé pour avoir sodomisé l’aide-soignant et pour avoir tué et sodomisé Dane Williams. Au vu de toutes les preuves et de ses antécédents, il a été conclu que Philong chassait ses victimes dans le quartier Gaslamp. Quand Philong est tombé sur Dane, ce dernier était en état d’ébriété comme on l’avait vu sur les images. Il a dû lui dire quelque chose du genre : ‘Viens. On va trouver des filles. On va continuer la fête.’ Et puis, à un moment, il a drogué Dane. Le mélanges des drogues avec l’alcool l’a rendu inconscient. Philong l’a alors ramené chez lui pour le sodomiser, et il l’a tué par la même occasion, détaille Sandi Oplinger. »
« Les causes de la mort de Dane n’ont pas pu être établies par le médecin légiste. Mais il est sûrement mort asphyxié. C’était probablement la position dans laquelle il a été violé qui a provoqué sa mort, rappelle Gretchen Gaspari. »
« D’après les éléments du dossier, Dane a passé les 72h de sa disparition chez Philong, constate Sandi Oplinger. »
Et pendant que tous ses proches le cherchaient, le jeune homme s’éteignait lentement aux mains d’un sadique calculateur.
« Philong a sûrement utilisé le monospace qu’il avait loué. Et il ne voulait pas rouler trop longtemps avec le corps de Dane à l’intérieur. Il a dû chercher le coin le plus calme possible où il n’y avait pas trop de circulation. Et il y a abandonné le corps. Le bonnet n’appartenait pas à Dane. Un cheveu prélevé sur le tissu appartenait à la mère de Philong. C’est Philong qui lui a enfilé le bonnet pour cacher son visage, note Sandi Oplinger. »
Le 15 septembre 2009, Philong Huynh comparait devant la Cour supérieure du comté de San Diego et plaide non coupable d’un chef d’accusation de meurtre avec circonstances aggravantes de sodomie et de deux chefs d’accusation d’agression sexuelle.
Selon le bureau du shérif du comté de San Diego, Philong est poursuivi en vertu de l’article 286 (I) du Code pénal californien, qui définit cet article comme suit : « Toute personne commettant un acte de sodomie, lorsque la victime est empêchée de résister par une substance intoxicante, anesthésiante ou une substance contrôlée, et que l’accusé avait connaissance de cet état ou aurait raisonnablement dû en avoir connaissance. »
Le 11 mai 2011, Philong Huynh doit maintenant faire face à la justice et à ses victimes puisque plusieurs hommes témoignent contre lui au procès.
« Cette affaire concerne l’agression sexuelle de deux jeunes hommes, tous deux hétérosexuels, retrouvés sans sous-vêtements , déclare Gretchen Gaspari. Les deux ont été testés positifs à la benzodiazépine, un stupéfiant contrôlé et dépresseur du système nerveux central. »
Lors de l’audience préliminaire, Billy Sharrock, ancien copropriétaire d’une société de production de films pornographiques gays amateurs, témoigne avoir embauché Philong Huynh en août 2006 pour s’occuper du matériel informatique de l’entreprise.
Philong lui a avoué avoir drogué ses victimes.
« Soit il demandait au type s’il était prêt à avoir des relations sexuelles avec lui, déclare Billy Sharrock. Mais si le type refusait, il lui proposait de prendre quelque chose pour se détendre. Et la plupart du temps, le type acceptait. Le type se détendait et ensuite il abusait de lui. »
Billy Sharrock déclare avoir vu Philong avec du Valium dans son bureau, et que Philong lui a dit : « Ces garçons étaient inconscients lorsqu’il avait des relations sexuelles anales avec eux. C’était sa façon de se divertir, explique la source. »
Sharrock déclare également que Philong lui a dit qu’il aimait les hommes ivres, les hommes hétérosexuels et les jeunes hommes militaires.
Quatre autres hommes témoignent lors du procès qu’ils ont rencontré Philong Huynh et qu’ils ont ensuite eu l’impression d’avoir été drogués.
Le procureur adjoint David Hendren déclare que Philong Huynh est en troisième année de médecine, a étudié la pharmacologie, possédait de solides connaissances en matière de médicaments et a des ordonnances pour des benzodiazépines et du clonazépam. Il ajoute que Philong a agi comme un « loup déguisé en agneau » en administrant à Dane Williams du diazépam le rendant ainsi incapable de se défendre contre une agression sexuelle. « L’accusé a donné ces drogues à Williams, déclare-t-il. Huynh avait besoin de ces drogues pour avoir des relations sexuelles avec des hétérosexuels. »
Le procureur Hendren déclare que Dane, l’aide-soignant, et quatre autres hommes ayant témoigné au procès sont hétérosexuels et victimes de l’escroquerie de Philong entre 2007 et 2009. Il explique
que Philong rencontrait de jeunes hommes hétérosexuels, beaux et séduisants, gagnait leur confiance en parlant de femmes, puis leur proposait de leur offrir des verres et de les emmener dans des clubs de strip-tease au Mexique. Une fois qu’il a les victimes seules, Philong leur administrait un dépresseur pour les assommer, les rendant « pratiquement inconscientes », déclare-t-il.
Le procureur Hendren examine ensuite des preuves montrant que Philong a gardé le corps de Dane pendant environ trois jours avant de l’envelopper dans une couette, de louer un camion U-Haul et une Dodge Caravan, et de se rendre dans la ruelle nord du 5200, rue Landis, dans le quartier de City Heights, pour se débarrasser du corps.
Après cinq semaines de procès, le jury délibère le 27 juin 2011 pendant environ 90 minutes avant de reconnaître Philong Huynh coupable de tous les chefs d’accusation.
Le juge Robert O’Neill de la Cour supérieure de San Diego suit les recommandations du service de probation et des procureurs lorsqu’il impose une peine de 10 ans en plus de la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
Les procureurs ont fait valoir que la peine de 10 ans est nécessaire pour reconnaître ce que Philong a fait à la deuxième victime, qui, comme Dane Williams, a été droguée et abusée.
Philong Huynh est condamné à la perpétuité ferme le 12 août 2011.
La mère de Dane, Valen Williams, déclare au tribunal les larmes aux yeux en d’adressant à Philong : « Je m’attends encore à le voir franchir notre porte et je jure que parfois j’entends encore sa voix me dire ‘Je t’aime’, comme avant, chaque jour. Sa joie de vivre était contagieuse. Ironie du sort, il t’aurait aidée si tu en avais eu besoin. Tu es un prédateur, et à mes yeux, c’est le pire des crimes. Dane ne reviendra pas. Tu t’en es assurée. »
« On n’aurait pas pu espérer meilleur verdict. C’était parfait. Dans la salle d’audience, je me suis levé et je lui ai dit dans les yeux qu’il m’avait pris ce que j’avais de plus précieux… que je ne pourrai jamais assister au mariage de mon fils, que je n’aurai jamais de petits-enfants. Il a pris… le plus grand trésor de tout parent, explique Jim Williams. »
« Je n’ai plus à penser à Philong Huynh. Ce monstre ne court plus les rues. Cet épisode de notre vie est terminé. Ce que je garde dans ma vie, ce sont les souvenirs de Dane. Et je suis plus en paix aujourd’hui, raconte Valen Williams. »
« Quand un surfeur perd la vie, traditionnellement ses amis et sa famille se rendent sur l’océan, trouvent un endroit calme, forment un cercle, se tiennent les mains et parlent de leur deuil. Et c’est exactement ce qu’on a fait, précise Jim Williams. »
« C’était sur l’océan que Dane était vraiment heureux. Alors c’était naturel de lui rendre honneur là-bas. Il fait toujours partie de notre groupe d’amis, témoigne Amy Rasmussen. »
« Tous les jours, je pense à Dane. Dane fait toujours partie de notre vie, se souvient Jim Williams.»
« Je m’accroche toujours à lui. Je ne peux pas encore le laisser partir. Il est toujours avec nous, ajoute Valen Williams.»
@ker_gauthier
