Amanda Gonzales est une jeune mère célibataire qui a du mal à trouver sa place. Née dans un petit village, elle rêve d’une vie meilleure pour sa fille et elle et décide donc d’aller s’installer dans une grande ville pour donner vie à ses ambitions. Mais ce qui lui arrivera là-bas va complètement changer le cours de sa vie.
« Amanda Gonzales est née le 4 novembre 1986 à Muncie dans l’Indiana, à environ 1h de route d’Indianapolis, explique Marisela Burgos. C’était un petit village très rural, très pittoresque. »
Tous ses proches s’accordent à dire qu’Amanda a vécu une enfance très heureuse. Elle est très proche de ses parents et entourée d’un groupe d’amis très présents.
« Avec Amanda, on s’est connues en classe de 6ème et on est devenues meilleures amies, raconte Heather Constant. Tous les jours de la semaine, j’étais chez elle ou elle était chez moi. Amanda n’aimait pas les mêmes choses que les filles de notre âge, les robes, le maquillage. Elle était plus d’une beauté naturelle. C’était une fille très sympa. Elle avait les pieds sur terre. Elle était plutôt réservée avec les gens qu’elle ne connaissait pas. Mais une fois qu’elle était à l’aise, elle se laissait aller. Et elle était vraiment rigolote. On pouvait toujours parler de tout. On se confiait l’une à l’autre. On discutait de garçons, de filles, de musique. Elle était géniale. »
Amanda se plaît au collège. Elle a de bonnes notes, une vie sociale. Et elle se découvre un vrai talent et une passion pour le volley.
« Amanda a fait du volley pendant tout le collège, précise Heather Constant. Elle était très douée. Et c’était vraiment une activité qui lui plaisait. »
Amanda espère pouvoir un jour décrocher une bourse pour l’université grâce au volley. La vie semble lui sourire. Mais à son passage au lycée, les choses se mettent à changer. Comme beaucoup d’adolescentes de 14 ans, elle commence à s’intéresser aux garçons. Mais cet intérêt récent pour le sexe opposé réveille un aspect assez sombre de la personnalité d’Amanda.
« On a eu un problème avec un garçon en particulier, témoigne Heather Constant. Il plaisait à Amanda et il me plaisait aussi. Ça l’énervait parce qu’elle était possessive. Elle m’a fait comprendre qu’il était à elle. »
Heather décide donc de couper tout contact avec ce garçon. Mais la jalousie d’Amanda a déjà fait des dégâts sur leur amitié.
« C’est à ce moment-là qu’on a commencé à s’éloigner Amanda et moi, se souvient Heather Constant. Je la considérais toujours comme une amie mais bien moins proche. Je dirai que ce changement a eu lieu au milieu de notre première année de 1ère. C’est là que les choses ont commencé à changer pour Amanda. Ça se passait moins bien. Elle commençait à avoir d’autres amis, surtout des gens extérieurs au lycée. »
« Amanda Gonzales était désormais plus concentrée sur les garçons que sur ses notes au lycée, ajoute Marisela Burgos. Ses résultats ont commencé à baisser. Et elle a arrêté le volley. »
Le changement de la personnalité d’Amanda au cours des 4 années qui suivent est flagrant pour tous ses proches, surtout ses amis de longue date.
« Nos vies ont vraiment pris des chemins différents, souligne Heather Constant. Moi, je me souciais
de choisir mes études, de savoir ce que je ferai après le lycée alors qu’Amanda vivait plutôt l’instant présent. Il y a des gens qui prennent leur avenir à bras le corps, d’autres qui préfèrent profiter de la vie. Et Amanda était comme ça. »
Mais l’insouciance d’Amanda disparaît brutalement à l’annonce d’une nouvelle inattendue.
« A l’âge de 19 ans, Amanda a appris qu’elle était enceinte et a donné naissance à une petite fille, décrit Marisela Burgos. »
« Amanda avait toujours voulu des enfants, indique Heather Constant. Elle rêvait d’avoir une fille. »
Amanda aime profondément sa petite fille. Elle souhaite s’occuper d’elle au mieux et prend d’un coup une certaine maturité.
« Je sais qu’Amanda a fait toujours son maximum pour prendre soin de sa fille, confie Heather Constant. Elle était mère célibataire. Tout reposait sur ses épaules. Il n’y avait qu’elle pour payer les factures, s’occuper du bébé. C’est un boulot énorme. Et Amanda faisait tout ce qu’il fallait. Elle adorait être mère. Et sa fille était sa priorité. Ça se voyait dans tout ce qu’elle faisait. »
« Pour subvenir aux besoins de sa fille, Amanda Gonzales faisait des petits boulots, poursuit Marisela Burgos. Et ses parents faisaient de leur mieux pour l’aider, même financièrement. »
Au cours des années qui suivent, la vie n’est pas simple pour la jeune mère célibataire. Amanda a toujours rêvé d’une vie meilleure pour sa fille, mais elle a du mal a réalisé ses ambitions.
« Amanda Gonzales est devenue aide-soignante, affirme Marisela Burgos. Mais elle avait du mal à
trouver du travail à Muncie. »
Prête à tout pour son enfant, Amanda prend alors une décision difficile.
« Elle voulait de meilleures opportunités professionnelles, observe Heather Constant. Et pour vivre mieux, elle devait quitter Muncie. »
« Elle a décidé de s’installer à Indianapolis, relate Marisela Burgos. Mais pour ça, elle devait laisser sa fille de 8 ans chez ses parents le temps de trouver un travail et un logement. »
La décision est difficile. Mais Amanda sait qu’un jour elle aura une vie meilleure si elle quitte son village pour s’installer dans une grande ville. A son arrivée à Indianapolis, l’un des seuls logements qu’Amanda peut se payer est un hôtel bon marché où d’anciens repris de justice s’installent provisoirement en espérant se réintégrer dans la société.
« A cette période, Amanda avait 27 ans, déclare Marisela Burgos. Et au printemps 2014, elle a rencontré Ronnie Westbrook qui en avait 26. »
Ronnie Westbrook a été condamné pour possession illégale d’arme à feu par un récidiviste, agression sexuelle sur mineur, cambriolage et séquestration. Il est en liberté conditionnelle et porte un bracelet électronique. Il loue plusieurs chambres dans l’hôtel. Amanda se sent très attiré par le jeune homme. Elle est séduite par son charme et son physique avantageux.
« Amanda et Ronnie Westbrook ont commencé à sortir ensemble, détaille Marisela Burgos. Ils étaient officiellement en couple. »
Mais la définition du couple n’est visiblement pas la même pour les deux jeunes gens.
« Ronnie était un séducteur, rappelle Trent Smoll. »
« Ronnie Westbrook couchait avec d’autres femmes tout en sortant avec Amanda Gonzales, constate Marisela Burgos. »
Ronnie voit d’autres femmes tout en continuant à se comporter avec Amanda comme si elle est la seule allant même jusqu’à la présenter à ses amis.
« C’est comme ça qu’elle a rencontré Joe Meyers qui avait 39 ans, note Marisela Burgos. »
Comme Ronnie, Joe Meyers aussi a un casier judiciaire bien chargé. Il a été condamné pour viol, attentat à la pudeur, vol à main armée et cambriolage. Et il éprouve une certaine tendresse envers Amanda.
« Joe savait qu’Amanda était arrivée récemment à Indianapolis, explique Marisela Burgos. Et tout le monde raconte qu’il la traitait comme une petite sœur et la protégeait. »
Les hommes ont naturellement envie de prendre soin de cette jeune fille charmante et naïve tout droit sortie de son village. Joe endosse volontiers le rôle du grand frère. Mais Amanda n’est pas la seule mère célibataire à espérer un nouveau départ au motel. Katrina Miller, 23 ans, a, elle aussi, des amis qui résident au motel et cherchent, elle aussi, à reprendre sa vie en main.
« Katrina Miller et Amanda Gonzales vivaient un peu la même vie, raconte Marisela Burgos. Elles étaient toutes les deux mamans célibataires. Et elles avaient envie de stabilité. »
« La maternité faisait du bien à Katrina, précise Ryan Smythe. La naissance de sa fille l’avait motivée à apporter des changements positifs à sa vie pour pouvoir subvenir à ses besoins. »
« Sa fille, Annabella, était tout pour ma sœur, témoigne Crystal Shelton, sœur de Katrina Miller. »
« J’ai vu qu’elle reprenait sa vie en main, se souvient Linda Smythe. D’un coup, elle avait quelque chose de positif qui la motivait. Elle travaillait dur. Et j’avais vraiment l’impression que les choses s’arrangeaient. J’étais très heureuses pour elle. »
Au motel, tout le monde la remarque et la trouve charmante, surtout Ronnie. Et ça, ça ne passe pas très bien du côté d’Amanda.
« Katrina était une jeune fille magnifique, ajoute Linda Smythe. Et je ne dis pas ça parce que c’est ma fille. Elle était vraiment superbe. Elle attirait beaucoup les garçons. Et ça ne plaisait pas toujours aux autres filles. »
Parmi les hommes sensibles à ses charmes, on trouve Ronnie Westbrook.
« Katrina rendait fou les garçons, souligne Linda Smythe. »
Ronnie et Katrina deviennent rapidement très intimes. Et Ronnie pense avoir la belle vie. Mais un soir, l’une de ses conquêtes apprend qu’il en a une autre. Cette découverte va entraîner toute une série d’événements qui aboutira à une virée macabre pour Katrina et Amanda dont une seule reviendra vivante. A partir de ce moment-là, seules trois personnes savent ce qu’il s’est vraiment passé, mais toutes racontent une version différente.
« Le 24 juillet 2014, le département du shérif du comté de Hancock a reçu un appel urgent de la part de deux missionnaires mormons, décrit Trent Smoll. »
Extraits de l’appel d’urgence
« Allo ? Que puis-je faire pour vous ?
— En passant devant un champ de maïs, on pense avoir vu un cadavre. »
Ezra Segura et James Rammell, tous deux membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, sont en train d’explorer la région à vélo. Originaire de l’Utah, ils n’ont jamais vu de grands champs de maïs et s’extasiaient de ce paysage.
« Nous prenions des photos et nous étions sur le point de quitter le champ de maïs, indique Ezra Segura. Nous avons regardé, et je n’ai pas tout de suite compris ce que c’était. Mais j’ai demandé à James ce que c’était, et il a dit que c’était un corps. »
« Ils se prenaient en photo avec leurs portables, confie Trent Smoll. Ils passaient du bon temps. Et tout d’un coup, l’un des deux a remarqué le corps au milieu du champ et nous a appelé. »
Extraits de l’appel d’urgence
« Vous avez remarqué une odeur particulière ?
— Oui, ça sentait très mauvais. On était à 5 ou 6 mètres. Mais dès qu’on l’a vu, on est tout de suite sortis du champ. »
Le temps que la police arrive sur les lieux, la nuit est tombée. Et le champ de maïs est tellement dense que le corps est difficile à retrouver.
« Il était dans un endroit très isolé, poursuit Marisela Burgos. Il n’y avait rien autour. Ça aurait pu prendre beaucoup plus longtemps avant qu’on ne découvre le corps. »
Dans l’impossibilité d’examiner la scène de crime dans l’obscurité, les enquêteurs font alors appel aux pompiers qui viennent avec de puissants projecteurs pour éclairer le champ.
« Quand les pompiers sont arrivés, on leur a demandé de déployer la grande échelle pour avoir un bon aperçu de la scène de crime sans rien toucher, affirme Trent Smoll. On a été quelques-uns à pouvoir s’aventurer sur l’échelle pour regarder. Et on a pu vérifier qu’effectivement il y avait bien un cadavre dans le champ de maïs. »
« En cette saison, il fait très chaud, et le taux d’humidité est très élevé, observe Brent Eaton. »
« On était en plein mois de juillet, relate Marisela Burgos. Ce qui compliqué vraiment le travail des enquêteurs parce que le corps était dans un état de décomposition avancé. »
« Ma priorité, c’était d’identifier le corps, déclare Trent Smoll. »
« Grâce aux vêtements et aux accessoires trouvés sur le corps, les enquêteurs ont pu déterminer qu’il s’agissait d’une femme, détaille Marisela Burgos. »
Le corps est dans un tel état que les enquêteurs sont incapables de déterminer la cause de la mort. Pour obtenir plus d’informations, ils font alors appel à un médecin légiste.
« Avec le médecin légiste on a décidé de la façon dont on allait transporter le corps, rappelle Trent Smoll. »
Il fait nuit noire. Et le transport du corps n’est pas une tâche facile.
« Avec une petite scie électrique on a coupé quelques tiges de maïs pour frayer un passage pour le corps sans endommager la scène de crime, constate Trent Smoll. »
Une fois le corps sorti du champ, il est rapidement transporté jusqu’à l’institut médico-légal pour être autopsié.
« A l’institut médico-légal, les experts ont prélevé les empreintes digitales de la victime, note Trent Smoll. Ils les ont entrées dans leurs bases de données et ils ont pu donner un nom et une adresse. »
« L’autopsie a révélé que la victime était Katrina Miller, âgée de 23 ans, explique Marisela Burgos. »
Les médecins légistes ont pu retrouver son nom grâce au casier judiciaire de Katrina, vestiges de son adolescence mouvementée.
Après avoir travaillé toute la nuit, Trent Smoll se voit attribuer la tâche déchirante d’annoncer la nouvelle à la famille de Katrina.
« Il m’était déjà arrivé d’annoncer un décès à des familles, raconte Trent Smoll. Mais en général il s’agissait d’un accident de voiture par exemple. Là, c’était différent. J’étais stressé. »
« Quand on a frappé à la porte, j’ai senti qu’il avait dû se passer quelque chose de grave, précise Linda Smythe. La veille, j’avais vu à la télé qu’un cadavre avait été retrouvé. Et je me rappelle avoir souhaité beaucoup de courage à cette famille. J’ai prié pour eux parce que je me suis dit que ça devait être horrible pour la famille de la victime. »
« Quand j’ai annoncé la mort de Katrina à Linda, sa mère, sa sœur était à aussi, témoigne Trent Smoll. Évidemment, elles étaient complètement bouleversées par la mort de Katrina. »
« Ma mère s’est mise à pleurer instantanément, se souvient Crystal Shelton, sœur de Katrina Miller. Nous ne voulions pas y croire. »
« C’est l’épreuve la plus dure de toute ma vie, ajoute Linda Smythe. »
Mais qui l’aurait tué ? et pourquoi ? Pendant que l’inspecteur Smoll annonce la terrible nouvelle à la famille, les résultats de l’autopsie parviennent aux enquêteurs et confirment le mauvais pressentiment de l’inspecteur. Elle a reçu une balle de calibre 380 à l’arrière du crâne, juste au-dessus de la colonne vertébrale. Des fragments de balle ont été retrouvés dans son cerveau. Outre le tir mortel, elle présente des traces de coups reçus avant d’être abattue : elle souffre d’un traumatisme contondant sur le côté droit du visage et certaines de ses dents sont arrachées. Elle présente également une contusion à la cuisse.
« Il y avait une trace de contact direct d’une arme contre le crâne de Katrina, souligne John Keiffner. Le canon de l’arme était en contact avec sa tête quand le coup est parti. »
L’inspecteur Smoll est désormais certain qu’il s’agit bien d’un meurtre.
« Elle avait été abattue d’une balle dans la tête comme pour une exécution, décrit Trent Smoll. Pour moi, c’était un signe qu’elle avait été tuée par haine. »
Le médecin légiste a conclu que le corps a passé 4 jours dans le champ de maïs. Cela permet aux enquêteurs d’établir une chronologie. D’après le rapport d’autopsie, les enquêteurs déduisent que Katrina Miller a été tuée le 20 juillet. Et le résultat permet d’établir officiellement qu’il s’agit bien
d’un homicide.
« Il m’a dit : ‘On ne sait pas qui l’a tuée, indique Linda Smythe. Mais, Linda, je vous jure que je retrouverai les coupables. Et ils seront punis.’ »
Jusque-là, la scène de crime n’a été examinée que de nuit. Les enquêteurs sont impatients de voir les lieux en plein jour.
« Le lendemain, on a envoyé quelques hommes de la police scientifique pour prélever des éléments qui nous auraient échappé la veille, confie Trent Smoll. L’un des experts a découvert la douille d’une balle d’arme à feu. »
Cette découverte est intéressante mais ça ne dit pas aux enquêteurs qui a pu assassiner Katrina. Mais sans aucune piste solide, ils semblent coincer. Ils ignorent qu’ils sont sur le point de faire une avancée majeure.
« Un témoin a appelé le comté de Marion, poursuit Brent Eaton. Et cette personne détenait des informations qui n’étaient pas encore sorti dans les médias. »
« Au cours de cet entretien, j’ai pu constater que la personne connaissait des détails qui n’avaient pas été rendu public comme par exemple le fait que Katrina Miller avait été abattue d’une balle à l’arrière du crâne, affirme Trent Smoll. »
De retour à l’hôtel, Amanda se rend dans la chambre louée par Isadore Webster et son épouse, Michelle Muse. Elle demande à Michelle si elle a déjà vu quelqu’un se faire tuer ou si elle a déjà vu un cadavre. Michelle ne comprend pas sa question. Amanda explique alors qu’elle a pris de la drogue dans la chambre de Ronnie un peu plus tôt, qu’il l’a ensuite accusé avec Katrina d’avoir pris cette drogue et qu’il a menacé de les tuer. Amanda confie également à Michelle qu’elle a eu peur lorsque Katrina, Joe, Ronnie et elle se sont rendus dans le champ de maïs. Là, Joe a obligé Katrina à s’agenouiller avant de lui tirer une balle dans la nuque.
« Des témoins sont venus d’eux-mêmes dire aux enquêteurs qu’ils avaient parlé à Amanda Gonzales le lendemain de l’assassinat de Katrina Miller, observe Marisela Burgos. Amanda avait dit que c’était Ronnie Westbrook qui avait fait tuer Katrina parce qu’elle lui avait volé de la drogue. »
« Amanda leur a raconté que Ronnie était énervé et qu’il avait dit qu’elle avait intérêt à rapporter la drogue sinon il tuerait quelqu’un, relate Trent Smoll. »
D’après ces témoins, Amanda a raconté que Ronnie a demandé à ses amis de s’occuper de Katrina Miller.
« Amanda a expliqué que c’était Joe Meyers qui avait tué Katrina, déclare Trent Smoll. »
Amanda cherche-t-elle à sauver sa peau ? ou a-t-elle joué un rôle dans ce crime ? La police poursuit son enquête et interroge d’autres connaissances d’Amanda, Joe et Ronnie.
« Des témoins ont dit que Ronnie Westbrook et Katrina Miller ont eu une relation sexuelle à un moment donné, et qu’Amanda Gonzales et Ronnie Westbrook étaient aussi en relation à la même période, détaille Trent Smoll. »
Les témoins expliquent aussi aux enquêteurs qu’Amanda pouvez être assez violente quand les choses ne se passaient pas comme elle voulait.
« On a appris qu’Amanda s’était battue avec une autre fille au motel à propos de Ronnie, rappelle John Keiffner. »
Les enquêteurs apprennent avec étonnement qu’Amanda a déjà menacé une autre femme avec une arme à feu. Ils se demandent donc logiquement s’il a pu se passer la même chose avec Katrina.
« Amanda s’est fait expulser du motel avec l’ordre de ne pas revenir, constate John Keiffner. C’est pendant ces quelques jours où elle logeait dans un autre motel que Ronnie et Katrina ont couché ensemble pour la première fois. »
« Est-ce que c’est ça qui a causé ce problème entre Amanda Gonzales et Katrina Miller, note Trent Smoll. »
La police sait maintenant qu’Amanda sait se servir d’une arme et qu’elle a un tempérament explosif. En continuant d’interroger les proches d’Amanda, les enquêteurs obtiennent des informations sur l’amitié entre Joe Meyers et Amanda. Les deux jeunes gens sont très proches. Et Joe se montrait très protecteur envers Amanda.
« Il appelait Amanda ‘petite sœur’, explique John Keiffner. Ça montre à quel point ils étaient proches. »
Après avoir obtenu ces informations, les enquêteurs décident de vérifier les antécédents sur leurs trois suspects principaux et découvrent que deux d’entre eux se sont déjà croisés par le passé.
« Ronnie Westbrook a rencontré Joe en prison, raconte John Keiffner. Joe Meyers purgeait une peine pour vol à main armée. Donc il ne faisait aucun doute qu’il était un homme dangereux, assez peu fréquentable. »
« Ronnie Westbrook avait un casier judiciaire long comme le bras, précise Marisela Burgos. Il était en liberté conditionnelle. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’il portait un bracelet électronique. »
La police retrace ses déplacements le soir du meurtre de Katrina.
« En étudiant ses données, la police s’est rendu compte qu’il se trouvait près de la scène du crime, témoigne Marisela Burgos. Donc les enquêteurs ont voulu interroger Ronnie Westbrook parce qu’ils se doutaient qu’il savait quelque chose. »
« Une fois que les enquêteurs ont confirmé que les trois protagonistes logeaient au même motel, ils s’y sont rendu pour interpeller Ronnie Westbrook, Joe Meyers et Amanda Gonzales, se souvient John Keiffner. En arrivant au motel, les policiers ne sont pas tout de suite allés frapper aux portes. Ils ont commencé par surveiller le motel pour voir si leurs suspects s’y trouvaient vraiment. C’est lors de cette surveillance qu’ils sont tombés sur Joe Meyers. »
« Avec la déclaration des deux témoins, on avait suffisamment d’éléments pour l’interpeller, ajoute Trent Smoll. »
« Joe Meyers avait eu déjà affaire à la police, souligne John Keiffner. Et il a refusé de donner la moindre information. »
Joe est désormais en garde à vue. Mais les enquêteurs doivent encore mettre la main sur Ronnie et Amanda.
« J’ai reçu un appel du service pénitentiaire pour me dire que Ronnie Westbrook avait retiré son bracelet électronique, décrit Trent Smoll. C’est là qu’on a su qu’il était en fuite. »
Puisque Ronnie est en fuite, les enquêteurs trouvent un autre moyen de traquer leur suspect.
« On a réussi à localiser Amanda Gonzales grâce à son téléphone, indique Trent Smoll. On l’a traquée jusqu’à l’ouest d’Indianapolis dans une chambre de motel. C’est là qu’on a trouvé Amanda Gonzales et Ronnie Westbrook. On a pu arrêter directement Ronnie Westbrook pour avoir coupé son bracelet électronique. »
Le 27 juillet 2014, Ronnie et Amanda sont interpellés tous les deux et emmenés au poste pour être interrogés.
« Ronnie Westbrook était en liberté conditionnelle, confie John Keiffner. Mais il refusait de donner la moindre information. »
Puisque Ronnie refuse de parler, les enquêteurs se tournent vers Amanda Gonzales en espérant qu’elle révélera ce qu’il s’est passé la nuit où Katrina Miller a été assassinée.
« Amanda Gonzales a commencé par nous dire qu’elle ne savait pas qui était Katrina Miller, poursuit Trent Smoll. Donc on lui a montré qu’on savait qu’elles se connaissaient. Et on lui a parlé des détails du crime. Elle a tout nié. »
« Amanda Gonzales a bien parlé aux enquêteurs, affirme John Keiffner. Mais elle a joué l’idiote. Elle essayait de se faire passer pour une jeune fille de la campagne qui ne connaissait rien à ces histoires de criminalités urbaines. »
Quant est-il des témoins à qui Amanda a parlé ? Comment va-t-elle réagir à leur déclaration ?
« Elle a tout nié en bloc, observe Trent Smoll. Elle refusait de coopérer. »
Amanda a raconté à des témoins qu’elle connaissait Katrina et qu’elle a assisté au meurtre. Alors à qui ment-elle ? Aux témoins ? ou à la police ? Pour les enquêteurs, ces incohérences sont suffisantes pour obtenir un mandat pour perquisitionner le motel.
« Il y avait des caméras de vidéosurveillance au motel, relate John Keiffner. Et ces vidéos nous ont fourni des éléments précieux. »
« On a regardé des vidéos de la soirée du meurtre, déclare Brent Eaton. Et là, on voyait Amanda qui se rendait dans la chambre de Ronnie. Elle semblait énervée. Et tout au long de la soirée, elle a fait des aller-et-venus entre la chambre de Ronnie, la sienne et celle de Joe. Sa démarche n’était pas tranquille en allant d’une chambre à l’autre. Dans son langage corporel, on percevait quelque chose de très déterminé. Elle avait l’air gonflé à bloc. »
Les enquêteurs se demande où est Katrina à ce moment-là. est-elle dans la chambre de Ronnie ? La vidéo montre-t-elle le moment où Amanda découvre l’infidélité de Ronnie ? Les enquêteurs continuent de visionner les images et voient quelque chose de surprenant.
« A un moment donné, on voit la voiture de Joe Meyers, détaille John Keiffner. Joe monte au volant, avance la voiture jusque devant la porte de Ronnie Westbrook. »
Sachant que Joe aurait tout fait pour Amanda, les enquêteurs se demandent alors si elle aurait pu lui demander d’éliminer sa rivale.
« Amanda état furieuse parce qu’elle a vu Katrina dans le lit de son petit ami, rappelle John Keiffner. On voit Katrina quitter la chambre de Ronnie. Et ensuite, on voit Joe Meyers, Amanda Gonzales, Ronnie Westbrook et Katrina Miller quitter le motel dans la voiture de Joe Meyers. Ils sont partis 45 minutes. Et quand la voiture de Joe Meyers revient au motel, ils ne sont plus que trois. Il ne reste plus qu’Amanda, Joe et Ronnie. »
Ces images sont la pièce maîtresse du puzzle qui prouvent aux enquêteurs que les trois jeunes gens sont impliqués dans le meurtre de Katrina Miller. Mais quel rôle a joué Amanda Gonzales ? N’est-elle qu’une victime comme elle a affirmé aux témoins ? ou celle qui a organisé le meurtre ? Les enquêteurs vont recevoir un nouvel indice provenant d’une source inattendue. Une femme arrêté pour conduite en état d’ivresse, s’est retrouvée en garde à vue en même temps qu’Amanda. Ce que cette femme raconte à la police désigne immédiatement Amanda comme la coupable.
« Amanda lui a raconté ce qu’il avait fait du revolver après le meurtre, constate John Keiffner. Elle lui a expliqué qu’il l’avait démonté et rangé dans un box de stockage appartenant à Joe. Les enquêteurs ont obtenu un mandat pour perquisitionner le box dans lequel ils ont effectivement découvert une arme démontée. Le canon avait disparu. Mais les enquêteurs ont pu comparer la douille avec les pièces restantes de l’arme. Et ils en ont conclu que l’arme retrouvé dans le box de Joe Meyers correspondait bien à la douille trouvée près du corps de Katrina. »
Maintenant que Joe est lié à l’arme du crime, la police est convaincue d’avoir retrouvé le tueur. Mais le seul mobile plausible reste lié à Amanda. Les enquêteurs pensent donc que Joe a tué Katrina pour aider celle qu’il considérait comme sa petite sœur en éliminant sa rivale. Les enquêteurs pensent avoir un dossier solide contre Amanda.
« Ils pensaient avoir tout un tas de preuves entre les déclarations des témoins, les vidéos de surveillance et le fait qu’Amanda avait raconté à sa codétenue où ils avaient caché l’arme du crime, note Marisela Burgos. Les enquêteurs ont donc proposé un accord à Amanda Gonzales afin d’éviter un long procès à la famille de Katrina Miller. Si Amanda Gonzales acceptait de plaider coupable pour complicité de meurtre et donc de prendre une peine au maximum de 25 ans de prison, ils abandonneraient les accusations de meurtre. Mais elle a refusé. Elle tenait à prouver son innocence. »
Amanda est-elle vraiment un témoin innocent manipulé par deux criminels endurcis ? ou celle qui tirait les ficelles ? Au mois de mai, Amanda Gonzales, Ronnie Westbrook et Joe Meyers sont toujours en prison à Indianapolis. Pour éviter à la famille de Katrina Miller de subir un procès long et douloureux, les procureurs ont tenté de proposer un accord à Amanda. Si elle acceptait de plaider coupable pour complicité de meurtre, elle purgerait une peine de 25 ans de prison sans être jugée pour meurtre. Mais elle a refusé cet accord. Elle compte bien prouver son innocence devant le tribunal. Amanda n’a que dix semaines à attendre. Et les déclarations préliminaires sont prononcées le 3 août 2015.
« Dans notre déclaration préliminaire, on voulait faire comprendre au jury qu’Amanda voulait éliminer Katrina, qu’elle était prête à tout pour ça et a utilisé n’importe qui pour arriver à ses fins, explique John Keiffner. »
Les avocats d’Amanda contrent cette attaque en la décrivant comme une fille de la campagne qui a eu peur pour sa vie quand Ronnie Westbrook l’a menacée.
« La défense affirmait que si ce meurtre a eu lieu, c’est parce que Ronnie Westbrook en voulait à Katrina de lui avoir voler de la drogue et qu’Amanda n’a été la victime deux criminels prêts à tout pour arriver à leurs fins, raconte Marisela Burgos. »
Après les déclarations préliminaires, il est temps pour l’accusation de présenter son dossier au juré.
« Le premier témoin à parler dans ce procès était Linda Smythe, la mère de Katrina Miller, précise Brent Eaton. On lui a demandé d’identifier sa fille sur la photo pour que les gens puissent voir à quoi elle ressemblait. »
« On savait que plus tard au cours du procès, on allait voir des photos abominables montrant à quoi ressemblait son corps quand on l’a découverte, témoigne John Keiffner. »
« On espérait faire comprendre que la défunte était une fille, une mère et qu’elle était une personne comme tout un chacun, se souvient Brent Eaton. »
Maintenant que l’accusation a présenté la victime au jury, les procureurs se tournent vers Amanda Gonzales.
« L’accusation voulait montrer au jury qu’Amanda était l’instigatrice de ce meurtre, ajoute Trent Smoll. Joe Meyers et Ronnie Westbrook n’avaient aucune raison de vouloir la mort de Katrina Miller. »
« Amanda était tout simplement furieuse parce que Katrina couchait avec son petit ami, souligne John Keiffner. C’est aussi simple que ça. Et elle a décidé de se débarrasser d’elle. »
Pour prouver le mobile d’Amanda, les procureurs présentent ce qu’il semble être l’élément clé dans la nuit du meurtre qui montre sa colère vis-à-vis de Katrina.
« Lors de l’enquête, on a découvert des messages sur le téléphone d’Amanda, décrit John Keiffner. Dans ces messages, elle s’adresse à des amis pour leur dire qu’elle avait surpris Ronnie, et, je cite ses mots, avec une garce. La colère d’Amanda, c’était très flagrant dans ses messages qu’elle a envoyé à ses amis. »
« La défense a répondu qu’il n’était pas inhabituel pour Amanda Gonzales d’être en colère pour ce genre de choses et d’en parler à ses amis, indique Marisela Burgos. »
La défense ajoute qu’aucun de ces messages ne parlent de faire du mal à Katrina et encore moins de la tuer. Après avoir présenté ces messages incendiaires, l’accusation explique ensuite le lien entre Amanda et l’arme du crime.
« C’était un élément très important parce que l’arme dont a parlé Amanda n’était pas n’importe laquelle, confie Brent Eaton. C’était l’arme du crime. »
L’accusation montre ensuite au jury les vidéos de surveillance du motel le soir du meurtre de Katrina.
« La vidéo de surveillance était importante pour appuyer la théorie selon laquelle Amanda Gonzales voulait se débarrasser de Katrina Miller, poursuit Trent Smoll. »
« On y voit Amanda frapper plusieurs fois à la porte de Ronnie, affirme John Keiffner. Quand il ouvre la porte, elle lui demande de laisser Katrina dans cette chambre et de venir avec elle dans celle de Joe Meyers. Ronnie refuse. Et ça la rend furieuse. »
Le 19 juillet 2014, Ronnie passe la nuit dans l’une des chambres qu’il a louées, en compagnie de Katrina. Au cours de la nuit, il est réveillé par quelqu’un qui frappe violemment à la porte. En ouvrant, il voit Amanda traverser le parking d’un pas furieux en direction de la chambre occupée par Joe. Ronnie referme la porte et retourne se coucher. Quelques instants plus tard, elle revient et se met à frapper violemment à la porte. Cette fois, Katrina va ouvrir. Amanda entre dans la chambre et demande à Ronnie ce qu’il fait là avec Katrina. Une dispute éclate entre eux. La confrontation se poursuit alors que Ronnie regagne la chambre qu’il partage avec Amanda, mais le couple finit par retourner dans la chambre de Katrina, où Joe les rejoint.
« Il est clair sur cette vidéo que dans cet intervalle de temps un plan a été monté, observe Brent Eaton. Et le ciment qui a permis à ce plan de prendre forme, c’était Amanda Gonzales. »
« On pense qu’Amanda est allée se confier à Joe Meyers et lui a dit qu’elle voulait éliminer Katrina Miller, relate Trent Smoll. »
« Joe n’avait pas de lien particulier avec Katrina Miller, déclare John Keiffner. Il n’avait aucune raison de la tuer. La seule connexion entre lui et Katrina, c’est qu’il était tellement proche d’Amanda qu’il a décidé de faire ce qu’elle voulait. »
Pour appuyer leur théorie, les procureurs appellent à la barre un témoin surprise, Ronnie Westbrook. Ce dernier a accepté de témoigner contre Amanda dans le but d’obtenir une réduction de peine à 6 ans de prison seulement.
« Ronnie a formellement identifié Katrina Miller, lui-même, Joe Meyers et Amanda Gonzales comme étant les quatre personnes qui montent dans la voiture sur les images de vidéosurveillance, détaille John Keiffner. »
Ronnie raconte aussi qu’Amanda a été violente avec d’autres femmes lors d’une crise de jalousie à propos de Ronnie.
« Ronnie a expliqué qu’Amanda avait été expulsé du motel parce qu’elle était jalouse et qu’elle se bagarrait, rappelle Marisela Burgos. »
Elle est même tellement jalouse qu’elle a déjà menacé une femme avec une arme. Cela prouve que la violence d’Amanda allait en empirant.
« La défense a demandé à Ronnie Westbrook s’il fréquentait d’autres femmes, constate Marisela Burgos. Et il a répondu que oui. La défense lui a demandé si Amanda savait qu’il avait couché avec d’autres femmes. Et il a répondu que oui. »
Ensuite, l’avocat de la défense se tourne vers le jury et pose les questions suivantes.
« ‘Qu’a-t-il eu de spécial avec Katrina Miller, note Marisela Burgos. Pourquoi Amanda l’aurait fait tuer elle et pas ces autres femmes ?’ »
L’accusation demande ensuite à Ronnie de raconter les événements qui aurait mené au meurtre de Katrina.
« Et là, Ronnie raconte que ce soir-là, il en a eu marre de la jalousie d’Amanda, explique John Keiffner. Il a dit à Katrina qu’elle ferait mieux de ne pas rester là. Amanda a donc dit à Ronnie qu’il n’avait donc qu’à partir tous ensemble et poser Katrina chez une amie. Ils sont partis tous les quatre. Et Katrina croyait aller chez son amie, à l’autre bout de la ville. »
Mais en fait à la surprise générale, Joe décide de s’arrêter au bord d’un champ de maïs au milieu de nulle part. A ce moment-là, Ronnie pressent que quelque chose se trame.
« Quand ils sont arrivés au champ de maïs, Ronnie ne voulait absolument pas être mêlé à quoi que ce soit, raconte John Keiffner. Il connaissait Joe. Il savait qu’il pouvait être violent et dangereux. Il savait aussi que s’il trempait dans une affaire louche, il retournerait directement en prison parce qu’il était en liberté conditionnelle. Il portait toujours son bracelet. Donc Ronnie voulait s’en aller. »
Ronnie savait qu’il pouvait être localisé avec son bracelet électronique. Il a donc quitté le champ de maïs sans regarder derrière lui. Katrina, elle, n’a pas eu cette chance.
« L’accusation affirmait que Joe Meyers avait forcé Katrina Miller à avancer dans le champ de maïs, lui avait ordonné de se mettre à genou et avait appuyé l’arme contre sa tête, précise Marisela Burgos. Et il a tiré. L’accusation a dit que Joe Meyers a simplement fait exactement ce que lui avait demandé Amanda. Après ça, ils sont repartis tous les deux pour récupérer Ronnie Westbrook. »
« Ils sont partis pendant 45 minutes, témoigne John Keiffner. Et quand la voiture de Joe Meyers est revenue au motel, ils n’étaient plus que trois. Il ne restait plus qu’Amanda, Joe et Ronnie. »
C’est au tour de la défense d’interroger Ronnie. Et les questions se concentrent sur son passé criminel.
« La défense a essayé de discréditer le témoignage de Ronnie Westbrook, se souvient Marisela Burgos. Les avocats ont insisté sur le fait que Ronnie avait un casier judiciaire chargé et qu’il avait passé un accord. Du coup, il avait tout intérêt à charger Amanda Gonzales au maximum. »
Les enquêteurs déclarent qu’ensuite au cours de la perquisition, ils n’ont pas trouvé la moindre trace de drogue.
« Au cours de l’enquête, nous n’avons pas pu établir qu’il manquait effectivement de la drogue, ajoute Trent Smoll. »
La théorie du vol de drogue est mise de côté. Ronnie et Joe n’ont donc aucun mobile pour l’assassinat de Katrina. L’accusation se concentre sur Amanda Gonzales pour prouver qu’elle est l’instigatrice du meurtre.
« Notre objectif était tout simplement de montrer au jury à travers nos éléments et nos conclusions que sans Amanda Gonzales, Katrina Miller serait encore en vie, souligne John Keiffner. »
C’est maintenant au tour des avocats de la défense de présenter leurs dossiers.
« Les avocats de la défense ont commencé par dire qu’Amanda Gonzales n’aurait pu jamais participer à ce genre de crime, décrit Marisela Burgos. Elle venait d’un petit village. Elle était très proche de sa famille. Elle était mère célibataire et souhaitait plus que tout construire une vie stable pour sa fille, et qu’elle n’aurait jamais fait une chose pareille. La défense accusait donc Ronnie Westbrook et Joe Meyers d’avoir tué Katrina Miller parce qu’elle leur avaitvolé de la drogue. Les avocats ont ensuite affirmé que Ronnie Westbrook avait demandé à Joe Meyers d’emmener les deux filles dans le champ de maïs. Une fois arrivés là-bas, Joe Meyers a forcé tout le monde à descendre de voiture. Et Amanda n’avait aucune idée de ce qu’il allait se passer. »
Quelques secondes plus tard, Katrina est morte.
« La défense a ensuite expliqué qu’après le meurtre, Joe Meyers s’est tourné vers Amanda Gonzales et l’a menacée de la tuer aussi, indique Marisela Burgos. C’est pour ça qu’elle n’a rien dit. »
La défense appelle ensuite son témoin surprise. Lorsqu’il monte à la barre, toute la salle est sous le choc.
« La défense a appelé Joe Meyers à la barre pour montrer au jury que c’était un criminel notoire et qu’il était bien plus impressionnant qu’Amanda, confie Marisela Burgos. Le but était de prouver au jury qu’il était impossible qu’Amanda Gonzales soit à l’origine de ce plan, ni qu’elle en soit le cerveau. »
Mais au moment du contre interrogatoire de l’accusation, Joe Meyers, qui se défend lui-même, répète la même version qu’il maintient depuis son arrestation.
« Il niait avoir possédé une arme, poursuit John Keiffner. Il niait toute implication dans ce meurtre de quelque nature qu’elle soit. »
« Je sais que j’ai une dégaine de tueur, affirme Joe Meyers. Mais je vous assure que je n’ai jamais fais ça. Vous n’avez pas le bon coupable. »
« Son témoignage était complètement incohérent par rapport aux preuves, observe John Keiffner. Donc il n’a eu aucune valeur au procès. »
« Dans leur plaidoirie, les avocats de la défense ont souligné le fait que Ronnie Westbrook et Joe Meyers étaient des délinquants et qu’il était donc difficile de croire ce qu’ils pouvaient dire dans ce tribunal, relate Marisela Burgos. La défense a expliqué qu’Amanda Gonzales avait peur et qu’elle était complètement étrangère au projet de tuer Katrina Miller. Ronnie Westbrook et Joe Meyers ont menacé Amanda Gonzales. Et elle a fait ce qu’elle avait à faire pour rester en vie. »
Après avoir entendu les deux parties, c’est désormais au jury de décider du sort d’Amanda. est-elle
une victime qui s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment ? ou est-elle la seule à avoir une vraie raison de voir la mort de Katrina ?
« L’affaire était entre les mains du jury, déclare John Keiffner. Mais l’attente est toujours une étape difficile. Une heure dure une éternité. Ce genre de décision a un tel impact sur la vie des personnes concernées. Si moi j’avais cette sensation, je sais que la famille de Katrina le ressentait mille fois plus fort. »
« J’avais très peur du verdict, détaille Linda Smythe. Je serrais fort la main de ma belle-fille et de mon fils. C’était très émouvant. »
« La salle d’audience n’était pas très grande, rappelle John Keiffner. Amanda avait de la famille dans la salle. Et la famille de Katrina était là aussi à quelques mètres des uns des autres. Cette proximité a créé une atmosphère très grave. »
La tension est palpable entre les deux côtés de la salle. Amanda Gonzales va-t-elle être envoyée en prison pour avoir orchestré le meurtre de Katrina Miller ?
« Le 11 août 2015, le jury a rendu son verdict et a déclaré Amanda coupable de meurtre et coupable de complicité d’assassinat, constate John Keiffner. »
« Quand le jury l’a déclaré coupable, je me suis senti très soulagée, note Linda Smythe. J’étais très émue. J’avais les larmes aux yeux. Et ma fille a craqué. »
« Amanda Gonzales n’a montré aucune émotion, explique Brent Eaton. Elle est restée froide comme la glace. En voyant ça, on a eu la conviction qu’on avait raison. »
« Encore aujourd’hui j’ai du mal à y croire, raconte Heather Constant. On ne peut pas imaginer son
ami d’enfance faire une chose pareille. »
« Pour moi, la justice a été rendue, précise Trent Smoll. Et je pense qu’Amanda Gonzales est une personne très perturbée. Elle avait l’habitude d’avoir tout ce qu’elle voulait et avoir le contrôle sur les gens. Là, elle a eu ce qu’elle voulait. Mais elle va le payer en passant sa vie en prison. »
Le 2 septembre 2015, Amanda a été condamnée à une peine de 60 ans pour meurtre à la prison de Rockville, dans l’Indiana. Elle ne pourra prétendre à une libération conditionnelle qu’en 2060. Si elle a accepté l’accord, elle aurait pu être libérée en 2039.
« Pour moi, elle mérite chaque jour qu’elle passera en prison, témoigne Ryan Smythe. »
« J’aurai préféré qu’elle ait plus, se souvient Linda Smythe. Mais je suis satisfait de me dire qu’elle n’aura pas à prétendre à la liberté conditionnelle avant ses 70 ans. Amanda Gonzales est une psychopathe insensible, calculatrice et manipulatrice. »
« Quand je pense à Amanda, la seule chose que je ressens, c’est qu’elle ne mérite pas de vivre, ajoute Ryan Smythe. »
Le 3 décembre 2014, Joe Meyers a été condamné à des peines devant être purgées simultanément au sein de l’administration pénitentiaire : soixante ans pour meurtre et douze ans pour enlèvement. La peine pour meurtre a été assortie d’une majoration de quinze ans en raison de son statut de récidiviste, portant la peine totale à soixante-quinze ans.
Grâce à l’accord conclu avec le procureur, Ronnie n’a été condamnée qu’à 6 ans de prison.
« Le plus triste dans cette histoire, c’est pour les enfants, souligne Heather Constant. Aucune de ces deux petites filles ne grandira avec sa mère. Et ça, en tant que mère, ça me brise le cœur. »
« Katrina était une mère aimante, une fille formidable et une sœur exceptionnelle, décrit Crystal Shelton, sœur de Katrina Miller, la voix brisée. Ma mère ne devrait jamais avoir à enterrer son enfant. Sa fille n’a que 2 ans. Elle a besoin de sa mère. »
« Au fond de moi, je sens que je devrais leur pardonner à tous les trois, indique Linda Smythe. Mais c’est très difficile. J’essaie d’oublier la façon dont ils l’ont tuée. J’essaie de ne pas penser à tout ça parce qu’il faut que je sois forte. Je suis absolument convaincue que si elle n’avait pas rencontré Amanda Gonzales, elle serait encore en vie. »
Les membres de la famille de Katrina Miller se rendent souvent dans le champ de maïs en quête de paix et ont aménagé un petit mémorial près de l’endroit où la police a retrouvé le corps de Miller. On y trouve des plaques ornées d’images d’anges et de messages d’espoir, voire de bonheur. Plusieurs croix sont également présentes, dont l’une est apparue de façon assez inattendue, probablement offerte par le fermier propriétaire du terrain.
@ker_gauthier
